Notre projet acte 3

Publié le par Alain Lesueur

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Troisième étape de notre voyage vers le futur de la Guadeloupe, avec la recherche de l'autonomie énergétique et la maîtrise de nos choix, face aux multinationales qui dominent ce secteur de l'activité industrielle.

ENERGIE ENVIRONNEMENT

DEUX DEFIS MAJEURS

Défi numéro 1. Atteindre la moindre dépendance énergétique

Le développement des projets se fait à l’initiative du secteur privé, sans contrôle suffisant de la puissance publique et sans grand bénéfice pour la collectivité. Les fermes éoliennes s’implantent sans planification. Il n’a pas été défini de zone de développement de l’éolien. Aujourd’hui, la menace est forte d’une implantation anarchique des fermes photovoltaïques, qui se passent de permis.

1. Améliorer le cadre juridique et opérationnel

Pousser l’Etat à légiférer

L’Etat doit légiférer afin d’encadrer l’installation des fermes photovoltaïques. La puissance publique est aujourd’hui quasi impuissante, même pour s’assurer de la cohérence des projets. Enfin, les maires doivent s’habituer à négocier des conditions d’implantation plus favorables aux communes.
Il ne s’agit pas pour les Guadeloupéens d’avoir la satisfaction morale de contribuer à l’œuvre de protection de la planète, pendant que les investisseurs privés extérieurs se partagent tout le bénéfice financier en dividendes.

Restaurer la capacité de décision des collectivités

L’implantation d’une installation de stockage de déchets à Sainte-Rose marque un tournant, une étape dans le dangereux transfert de compétence en faveur du privé. Dans cette affaire, les collectivités ont transféré le droit de lever l’impôt à une multinationale. En effet, un opérateur privé va détenir un monopole de stockage des déchets sans que les conditions aient été portées à la connaissance des populations concernées. En étant maître de fixer le coût du stockage, c’est l’opérateur qui va fixer le montant de la taxe d’enlèvement des ordures ménagères. Les collectivités doivent donc se réapproprier la mission de gestion des déchets, recouvrer la maîtrise des coûts, dont la responsabilité leur échappe désormais.
2. Une reprise en main par les collectivités publiques

Définir un plan de développement de l’éolien et du photovoltaïque

Aujourd’hui, c’est chaque opérateur qui définit la politique de développement de l’éolien. L’Etat ne dispose que du contrôle de légalité, face à l’initiative privée, pour statuer sur la demande de permis de construire. Les POS sont le plus souvent muets sur la possibilité de l’installation des éoliennes, notamment en zone agricole. Les zones de développement de l’éolien, dont la définition incombe à la Région, n’existent pas, d’où le risque d’implantation anarchique, hors de tout respect de l’intérêt général, voire de l’environnement.
Pour le photovoltaïque, la situation est encore plus délicate puisque le permis de construire n’est pas obligatoire. L’accord entre un propriétaire privé et un opérateur permet de surmonter toutes les oppositions éventuelles.

Investir collectivement le secteur des énergies propres

La production d’énergie propre est très rentable. Pourquoi la population n’aurait que la satisfaction morale de protéger la planète, pendant que les opérateurs privés engrangent des bénéfices sans risque, du fait d’une obligation d’achat par EDF, à un prix surévalué par apport aux coûts de production.

Plan régional pour l’autonomie des collectivités

La Région va engager des négociations avec les communes et leurs groupements pour l’élaboration d’un plan régional visant leur autonomie énergétique. L’idée est que les unités de production d’électricité d’origine solaire qui équipent les bâtiments des collectivités, produisent assez pour à terme, couvrir les besoins en énergie de ces collectivités. L’objectif est que, de consommateurs passifs, les collectivités se transforment en producteurs excédentaires, dans la comparaison entre les kilowatts qu’ils vendront à EDF et ceux qu’ils consommeront.

3. Améliorer la gestion de l’approvisionnement en carburant

Conserver le régime des prix administrés

La liberté des prix en matière de produits pétroliers conduirait à un renchérissement du prix de l’essence à la pompe et à des disparités dans le prix de vente au consommateur, selon qu’il s’approvisionne dans l’agglomération centre ou en Côte sous le vent, à plus forte raison dans les îles de l’archipel. L’Etat doit donc continuer à garantir un prix qui ne soit pas incompatible avec les besoins de l’économie et les moyens des consommateurs.

Adopter le principe de continuité territoriale

Le principe de continuité territoriale vise à ce que les frais de transport du carburant d’Europe à Guadeloupe soit à la charge de la solidarité nationale. Dans ces conditions, le carburant acheté en France hexagonale arriverait en Guadeloupe sur le port, au prix d’achat. Ce principe rétablirait l’égalité de traitement entre les consommateurs de part et d’autre de l’Atlantique. Il ne resterait à intégrer que les coûts liés au stockage et au transport intérieur et les taxes locales.

Adopter le principe d’un prix plafond

L’Etat serait chargé de veiller à ce que le prix du litre de carburant ne dépasse jamais la moyenne des prix de vente constatés dans l’hexagone. Le prix serait éventuellement modifié chaque mois, pour tenir compte de ce principe. En conséquence, les taxes locales seraient modulées de façon à respecter le prix plafond ainsi déterminé. L’essence pourrait être moins chère qu’en Europe, en jouant sur le montant des taxes, mais ne pourrait pas être plus chère.

 

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Douboutpikan 03/03/2010 06:44


Mes salutations,
Je suis assez surpris de la méconnaissance des guadeloupéens en matière d’énergie photovoltaïque. En effet, nous confondons les revenus tirés de l'électricité produite par les panneaux
photovoltaïques (PV) et rachetée par EDF, à près de 4 fois le prix de vente (disposition transitoire prise par l'Etat pour soutenir le développement des PV), avec l'énergie réellement produite par
ce biais.
Il ne vous aura pas échappé que le soleil ne brille qu'au mieux 12 heures par jour sous nos latitudes et que la couverture nuageuse et la végétation atténuent les effets des rayons du soleil ! Par
ailleurs, l'état d'avancement actuel de la technologie et bien plus contraignant encore les limites des sciences de la microélectronique, conduise à un constat incontournable : la densité
énergétique des PV est sans commune mesure avec celle du fioul et du charbon utilisés pour produire plus de 60% de l'électricité produite en Guadeloupe !

En clair, cela signifie qu'en l'état actuel de la technologie, que le potentiel de production d'électricité des PV ne permet pas de couvrir les besoins normaux d'une habitation. Compte tenu de nos
modes vies (fer à repasser, climatiseurs, « sur-éclairage » intérieur et extérieur, etc.), il faudrait une surface si importante de PV et un volume de batteries si énorme pour stocker l’électricité
le jour et la restituer la nuit et les jours sans ensoleillement, que cela rendrait désastreux le bilan environnemental de l’opération.

Les PV ne peuvent être qu’une production alternative d’électricité d’appoint (15% dans les scénarii optimistes) et non la source principale. Je suggère plutôt de continuer à renforcer la centrale
de Bouillante et surtout d’emprunter le pas à la Réunion – que M. Alain LESUEUR aime à prendre pour exemple – en faisant installer en lien avec l’UAG un pôle de compétitivité dédié à la
récupération de l’énergie marine (Hydrolienne, dans le canal des Saintes et de la Désirade, Gradient de température et, Energie des vagues). Cette énergie présente l’avantage d’être constante (jour
et nuit), disponible, (quantité inépuisable), accessible, (nous sommes entourés d’eau), gratuite et surtout parfaitement vertueuse du point de vue l’environnement !

Si l’on souhaite faire rouler des trains électriques en Guadeloupe dans 2 ou 3 décennies, un défi majeur nous tend les bras.
Je considère par ailleurs que le problème des déplacements en Guadeloupe doit faire l’objet de réflexions bien plus approfondies que celles que j’entends ces derniers jours et ne saurait sûrement
pas se réduire à la mise en place de lignes de chemins de fer entre les communes !

Mais revenons à l’électricité ! Ce qui est tout de suite possible, profitable pour nos portefeuilles et vertueux sur le plan environnemental, consiste tout simplement à réduire de manière drastique
notre consommation d’électricité tant à la maison, dans nos bureaux, que dans les commerces par exemple. Pour mémoire les combustibles fossiles et leurs cortèges avérés et potentiels de pollutions,
représentent plus de 85% dans l’électricité de Guadeloupe.
Combien de : pièces restent allumées alors qu’elles sont complètement vides, de terrains de sport, de hall d’accueil, de routes alors que personne n’y circule, de climatiseurs réglés à 16°C y
compris la nuit alors que la température ambiante redescend naturellement le soir venu à 22/23°C !
Désolé de paraître un peu désobligeant, mais sur ces points il me semble que nous « singeons » des comportements venus d’ailleurs et nous en oublions les bienfaits de notre Guadeloupe.

Je vais en terminer par une absence de débat autour de la question énergétique au sens large qui me laisse pantois. En effet, autre confusion entre énergie électrique et énergie tout court. A titre
d’exemple, l’énergie finale nécessaire aux transports était estimée en 2006 à plus de 50% des énergies totales en Guadeloupe. Les carburants (essence sans plomb, diesel, kérosène, GPL, etc.)
constituent donc un enjeu majeur pour nos déplacements. Après qu’un mouvement social a paralysé la Guadeloupe pendant 2 mois en 2009, dont l’une des revendications était le prix du carburant pour
les véhicules mais où se posait en réalité une question beaucoup lourde de conséquence, un silence assourdissant pèse sur les débats actuels. C’est complètement incompréhensible ! La question de
fond dans un contexte de raréfaction programmée des ressources fossiles est évidemment, comment se déplacer mais également comment « cuire » à manger puisque le gaz aussi se fera plus rare ! Et sur
ce sujet rien, rien de rien !

Dans ce domaine et dans bien d’autres, c’est encore une fois l’information et l’éducation qui nous aiderons à être plus efficient et à « vrè klè » !

Kenbé fo !


Alain Lesueur 03/03/2010 16:08


Merci Douboutpikan. Vous justifiez l'idée du blog comme lieu d'échange. Sur des questions aussi importantes, on n'a jamais trop d'information avant de décider. A fortiori, on est en grand danger
lorsque les décideurs ne se donnent pas la peine d'étudier, ni d'écouter, sûrs qu'ils sont que l'élection leur donne la science infuse. Votre commentaire n'en est pas un. Il est un article de fond
dans lequel je me suis enrichi, car bien évidemment, je ne suis pas spécialiste de la question, mais j'essaie d'être le messager de ceux qui savent et qui osent dire, avec le souci du bien commun.


A.MURAT 21/02/2010 01:06


Bonsoir Monsieur LESUEUR, juste une petite remarque de ma part:nos médias à longueur de journée nous vante notre position dominate en matiere de maitrise de l'énergie environnementale, cependant
une phase préliminaire d'éruption volcanique à 80 kms de la Guadeloupe avec des retombées de 48 heures cendre sert de pretexte à l'impossibilté de fournir de l'eau à nos concitoyens car ces
derniers ne doivent pas en utiliser en ce debut de secheresse pour leurs besoins; Soyons serieux messieux de la general des eaux , rendons nous à DOLE commune de GOUBEYRE et constatons qu'à une
centaine de métres de l'usine CAPES nous avons des millions de métres cube d'eau se deversant par jour dans la rue, cette eau pouvant irriguer toute la guadeloupe car elle coule en permanence toute
l'année; oi je vois simplement que ces messieurs si beaux parleurs en matiere d'énergie s'en tapent enormement , leur but en Guadeloupe c'est de ne rien investir et de ramasser le pactole; et
d'ailleurs quelles sont leurs vraies compétences?on peut s'interroger sérieusement sur les modalités des passations des marches publiques qui les ont été attribuées;Ces incompétences se retrouvent
à tous les niveaux économiques , politiques, industriels,culturels de la guadeloupe.