Démagopédagogie

Publié le par Alain Lesueur

_rats.jpgOn connaissait la psychopédagogie, on connaît aujourd’hui la démago pédagogie. Ou plutôt on poursuit dans cette veine. Tous ceux qui ont étudié la question savent que le traitement des déchets n’a toujours pas avancé d’un iota. Pourtant, cela n’empêche pas de multiplier les actions en matière de tri sélectif. Les responsables communaux se font les concurrents de l’Education nationale en prenant en main l’instruction écolo de nos « chères petites têtes blondes. »

A première vue, tout cela est très bien. A deuxième vue, on est circonspect. On fait de belles démonstrations de tri avec les enfants de ce qu’il faut faire à la maison. Le problème, c’est après. Car pour ceux qui voient passer un camion poubelle devant chez eux, ils voient bien que tout a tendance à aller au même endroit. Souvent, ce qui a été trié par les particuliers, est « détrié » par les « professionnels » du ramassage. Car il faut bien le dire, pendant que les maires jouent les instituteurs dans les écoles, ils ne font pas leur métier de chef du personnel communal et laissent le personnel des services de nettoyage sans la moindre formation. Combien d’éboueurs ont suivi un stage quelconque, à plus forte raison de formation au tri sélectif, ou à la manipulation des produits dangereux parfois présents dans les déchets ? Et pourquoi former les élèves de maternelle, mais pas leurs parents. Parce que ce sont les enfants qui doivent faire l’éducation de leurs parents ? Ou parce que les parents sont plus aptes à poser des questions embarrassantes. Sur le coût de ces simagrées par exemple, et leur traduction en impôts locaux. Pendant qu’on s’échine sur quelques cartons et trois bouteilles en verre, de plus en plus rares, les rats eux rigolent. Le tri sélectif est fait pour les rats. On enlève tout ce qui leur est inutile, plastique, métaux, et on leur laisse tous les déchets ménagers comestibles. Certains pensent que si l’homme disparaît un jour de la surface de la Terre, le rat lui, a des chances de lui survivre. Mais avant cela, il y a des chances pour qu’un rat soit élu maire en Guadeloupe.

Publié dans La Guadeloupe

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