Volcanologie

Publié le par Alain Lesueur

Montserrat_Soufriere_volcano_2.jpg« Ma tête est poudre, mon cœur volcan, qu’on trouve une solution, sinon c’est l’explosion ». C’est le début d’un poème que j’ai écrit il y a longtemps. C’est à propos de la Guadeloupe. Le début du texte m’est revenu à l’esprit porté, par les événements de l’actualité.

Des milliers de voyageurs ont été bloqués dans presque tous les aéroports du monde. Et une fois de plus, on découvre les conséquences de l’inter connexion générale que connaît le monde aujourd’hui. Car un avion qui décolle, il faut bien qu’il atterrisse quelque part. Et ce quelque part, c’est très souvent un aéroport européen, un des trois pôles du monde, avec l’Amérique et l’Asie. On n’a pas fini de mesurer l’impact de cette éruption, tout à fait bénigne, il faut le rappeler, car aucune vie n’a été menacée. Ni en Islande, ni ailleurs. Le commerce Asie Amérique a-t-il profité de l’occasion pour gagner des « parts de marché » par rapport aux relations avec l’Europe, ou est-ce les relations commerciales intra continentales qui ont été boostées ? Nul doute que dans ces pays, on se pose la question, et qu’on vérifie, pour en tirer tous les enseignements.

Et nous ? Comme ailleurs nous avons des passagers bloqués, à Pôle Caraïbe. Plus de touristes et de vacanciers que d’hommes d’affaires sans doute. Le tourisme n’avait pas besoin de cette nouvelle pilule indigeste après le tube de barbituriques avalé en 2009. Les « melonniers » eux, prompts à la détente, se sont fait entendre. Après les cendres de Montserrat et un carême de sécheresse, ce qui n’est pas un événement, mais on l’oublie, presque une tautologie, ils ont frisé l’apoplexie, face à l’interruption des exportations. Nul doute que les uns et les autres ont déjà fourbi leur armes et que les machines à photocopier les dossiers de demande de subvention d’indemnisation sont déjà entrés en action. Bref, la routine. Et nous ne sommes qu’en début d’année. On va maintenant entrer dans la période cyclonique, et même sans ouragan, ce serait bien le diable si nous n’avons pas la chance de connaître ici ou là une petite inondation. Pas comme à Rio, avec des morts en pagaille, mais à l’échelle de la Guadeloupe, juste avec ce qu’il faut de dégâts matériels. Chacun ira alors de sa petite plainte, l’autre de sa petite larme. Les politiques mettront leur bottes. Une paire neuve à chaque fois. L’Etat qui laisse faire n’importe quoi, en profitera pour remarquer que les dégâts furent causés dans des zones à risques identifiées, où le maire a laissé construire. Cela lui permettra de limiter l’obole. Ainsi, on arrivera vaille que vaille à Noël et on fera ripaille. En France, c’est comme dans les albums d’Astérix, « tout finit par des chansons ». Chez nous, tout finit en subvention. Plus les chansons, en fin d’année, dans les chanté nwèl. Et en janvier, les années sans éruption, on a le choix entre le carnaval et… l’explosion sociale. A moins d’alterner. Une année sur deux ?

Publié dans Au jour le jour

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