Les anti démocrates

Publié le par Alain Lesueur

 Anti-democrate.jpgTrop c'est trop! Les maires qui croient être passés chez le notaire pour acheter une commune doivent se faire remettre les idées en place. La démocratie ne peut prospérer si ses gardiens ont fait leur classe dans les camps nazis ou ceux du Cambodge de Pol Pot. Les dictateurs en herbe doivent être éradiqués avant qu'ils n'atteignent la taille adulte. Voilà la raison de ma lettre au Préfet.

Monsieur le Préfet,


J’ai l’honneur de porter à votre connaissance la protestation que je formule devant des faits de la plus extrême gravité.

A moins que je sois victime d’une interprétation erronée des textes en vigueur, la campagne électorale régionale qui se déroule en Guadeloupe est la plus impressionnante collection d’actions illégales que j’ai eu à observer.

J’ai saisi le CSA pour ce qui concerne les errements des intervenants du secteur audiovisuel. Je vous adresse copie de mon courrier.

Les juridictions administratives et la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques auront sans doute à se prononcer ultérieurement sur l’utilisation des moyens des services publics communaux, départementaux et régionaux à des fins de propagande électorale.

Toutefois, une intervention a posteriori ne me paraît pas suffisante face à certains faits. C’est ainsi que vous avez opportunément rappelé à l’ordre les maires qui n’avaient pris aucune disposition pour s’assurer que les demandeurs pourraient obtenir sans délai les attestations d’inscription sur les listes électorales dont la commune d’inscription détient le monopole de la délivrance. D’autres maires ont mis en place des procédures dont il est à craindre qu’elles visaient à décourager les demandeurs.


J’ai donc le regret de devoir appeler votre attention sur un certain nombre d’errements graves, d’autant plus inadmissibles qu’ils semblent révéler une volonté délibérée d’obstruction, ayant pour but de retarder les formalités de listes concurrentes.


La démarche collective entreprise auprès de la mairie de Sainte-Rose a entraîné une série de manœuvre dilatoires. L’organisation mise en place visait à interdire la production immédiate du document. Cependant, à la fin de la semaine de dépôt des candidatures, suite à votre intervention, les attestations furent délivrées le jour de la demande.

Sainte-Rose fut loin de représenter le cas le plus critiquables.

Monsieur T. candidat sur la liste Guadeloupe Demain, n’a obtenu l’attestation demandée qu’à sa troisième visite à la mairie des Abymes, et le deuxième jour. Il ne fut pas le seul qui dut effectuer plusieurs déplacements. Il est vrai que c’était en début de semaine.

Madame C. s’est présentée à la mairie de Baie-Mahault et s’est vu refuser une délivrance immédiate, au motif que l’élu désigné pour signer les attestations n’était pas présent. Devant son refus de quitter la mairie sans l’attestation, quelle ne fut pas sa surprise de voir l’élu en question, Monsieur B. élu délégué, qui visiblement avait tout entendu, sortir du bureau contigu pour venir signer l’attestation.


La demande d’attestation du Docteur P. candidat sur la liste de Guadeloupe Demain serait, selon le service compétent de la mairie, restée 24 heures à la signature du maire. Selon le personnel, celui-ci aurait emporté le parapheur à son domicile. J’ignorais que la famille du maire et ses visiteurs privés étaient des personnes autorisés à prendre connaissance des documents administratifs de la commune. Le lendemain de la demande, le mercredi 10 février 2010, mon mandataire financier s’est rendu en mairie. Le document lui a été remis au bout de deux heures d’attente. La liste que je conduis devait être déposée le mercredi en question. Elle le fut le lendemain, jeudi 11 février 2010.


Mais la carence la plus grave a été constatée à Goyave où une personne qui avait manifesté son intention d’être candidate, n’a pu faire partie de la liste Guadeloupe Demain, en raison de l’attitude inqualifiable du maire de Goyave.

Madame N. s’est présentée le lundi 8 février 2010, à la mairie de Goyave. Il lui a été demandé de revenir le lendemain avec une demande écrite. Elle obtempéra. L’attestation ne lui fut pas davantage délivrée le mardi, au motif qu’elle ne pouvait être signée. Le mercredi, il lui a été demandé de revenir le mardi suivant dans la mesure où le maire n’était présent en mairie que le mardi. Elle fit observer que la date limite de candidature serait dépassée. J’ai appelé ce jour là, et j’ai eu le responsable du service au téléphone. Au bout de quelques instants, elle a interrompu abruptement la conversation, incapable de justifier la situation de refus de délivrance. Le jeudi, l’imprimé ne fut pas davantage délivré. Ce fut chose faite le vendredi 12. Madame N. n’ayant pu s’absenter une nouvelle fois de son emploi, le document fut remis à sa demande à une tierce personne. Trop tard.

La liste de Guadeloupe Demain avait été déposée le jeudi 11, dans l’après-midi. J’ai attendu jusqu’à la fin de matinée du jeudi, en vain.

Le maire de Goyave a donc interdit à Madame N. de pouvoir être candidate à l’élection régionale. Il a ainsi privé Madame N. de la possibilité d’exercer ses droits de citoyen. Le maire m’a interdit d’avoir sur ma liste une personne inscrite dans la commune de Goyave.


Vous voudrez bien, Monsieur le Préfet, m’informer des suites que vous entendez donner à cette affaire qui porte un grave préjudice aux personnes concernées et qui est le résultat d’une action délibérée pour influer sur le résultat du vote.


Je vous prie d’agréer l’expression de ma considération.


Sainte-Rose, le 17 février 2010




Alain LESUEUR

Publié dans Les régionales

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poka 21/02/2010 23:56


Je suis pas surpris de ces dérives qui deviennent pratiquement une habitude en Guadeloupe ! Les maires considèrent la commune comme un bien leur appartenant corps et âmes.Poka


dj 18/02/2010 22:51


Je ne voyais pas l expert comptable neveux du défunt placide sénateur sous cet angle façon moscou des années 50... Curieux et lamentable à la fois...