En Vert… et contre tout bon sens

Publié le par Alain Lesueur

 

 

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« Ce n’est pas parce qu’on n’a rien à dire qu’il faut fermer sa gueule ». Ce titre de film semble avoir inspiré notre Vert préféré, Ary Durimel. Invité à s’exprimer sur RFO, il a visiblement répondu par politesse, sachant bien qu’il n’avait plus grand-chose à dire, maintenant qu’il a vendu ses parts sociales dans le fonds de commerce « Les Verts Guadeloupe » à une firme nationale, le Parti socialiste français, converti depuis 30 ans au libéral socialo capitalisme.

Le syndrome est classique. Lorsque vous abandonnez les valeurs que vous avez longtemps prônées, la stratégie consiste à faire croire que ce sont les autres qui ont changé, et qui sont trop timorés et qu’en revanche, votre renoncement est en réalité une avancée. D’où l’idée de Durimel de montrer qu’il va plus loin dans la « vertitude » que n’importe quel écolo. Pour nous persuader qu’il est plus Vert que jamais, il prône l’instauration de péage à l’entrée des communes. Et pour montrer qu’il est en pointe et que c’est l’avenir, il cite Londres où il existe un tel péage. D’abord, l’exemple choisi vise autant à diminuer les embouteillages durant toute la journée que la pollution. Et il existe un itinéraire gratuit pour traverser la ville. Que fait-on pour nos centres bourgs quasiment tous à voie unique ? Ensuite, comparer la City, une des premières places économiques mondiales et la Rue Frébault… Demandez aux commerçants du centre ville et des bourgs. Pour eux, c’est la mort assurée. Demandez aux propriétaires des hypermarchés. Pour eux, c’est le monopole assuré. Enfin, Durimel a bien choisi d’aller avec Lurel car il est entré dans le club de ceux qui mettent les solutions en place, mais à l’envers. Un écolo de la campagne dirait la charrue avant les bœufs. De même qu’on fait du tri sélectif pour… ne pas traiter nos déchets, il veut que la population utilise un réseau de transports publics et collectifs qui n’est même pas encore à l’état de projet.

Mais faire un débat sérieux sur cette question, c’est prendre un risque. Celui d’être ridicule si demain, Durimel se moque de notre naïveté en disant que c’était un poisson d’avril. Peut-être donc vaut-il mieux rester sur le ton de la plaisanterie. Remarquons d’abord que nos écolo ont tendance à prôner le retour en Tan Sorin. Effectivement on n’avait pas à l’époque de sachet en plastique pour transporter nos commissions. On n’en avait pas besoin, le consommateur avait tout juste les moyens d’acheter au jour le jour un quart de livre de riz et autant de morue salée pour les deux repas de la journée de la famille nombreuse. Pas besoin de panier. On règlerait beaucoup de problème écologiques en divisant par 10 le pouvoir d’achet des Guadeloupéens. Qu’est-ce qu’on attend ? Mais plus qu’en temps Sorin, ce que Durimel propose, c’est le retour au Moyen-âge. Si Paris est entouré de portes dont la trace ne figure que sur le nom de stations de métro, c’est pour des raison historiques qui remontent à l’époque des fortifications. La Porte Sainte-Denis qui se trouve aujourd’hui en plein Paris est une ancienne porte au sens commun du mot. Edifiée par l’architecte Blondel à la gloire de Louis XIV, c’est une porte qui s’ouvrait et se fermait, et par où il fallait passer puisque de part et d’autre, correspondant aux boulevards d’aujourd’hui, il y avait une enceinte infranchissable de protection. Au-delà, on était dans les faubourgs de Paris. Et dans les villes du Moyen Age, il fallait effectivement, le cas échéant, payer pour passer. Le péage n’est pas une invention moderne, née avec l’autoroute, mais remonte aux charrette à bœufs, en Europe. Maintenant que Durimel est à la Région et qu’il cherche des solutions pour améliorer le sort des Guadeloupéens, j’ai une proposition qui présente tous les avantages. Les collectivités de la Guadeloupe vivent sous la menace de suppression de l’octroi de mer. Il faut donc trouver une recette de remplacement. Or aujourd’hui, nous mangeons trop salé. La solution miracle consiste donc à rétablir la gabelle, l’impôt sur le sel. Les nostalgiques du passé seront contents car la gabelle remonte à l’époque de Rome antique. Et puis avantage décisif, le sel sert à conserver. Plus besoin donc de réfrigérateur ni de congélateur. Le bonheur en somme.

 

 

 

Publié dans La Guadeloupe

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Le Tigre 17/01/2011 15:54


Que pensez-vous de l'évolution institutionnelle de la Guadeloupe? Les congressistes ont-ils raison de demander les deux adaptations Lurel-Gillot?