Notre projet Acte 8

Publié le par Alain Lesueur

 

Les échanges avec le reste du monde


Développer la coopération avec les voisins de la Guyane, de la Réunion

Selon le principe évoqué, la Guyane peut nous ouvrir les portes du Brésil et au-delà, de l’Amérique latine. La Réunion peut géographiquement nous offrir un accès à l’océan Indien et au sud du continent africain.

Participation à un plan climat des Caraïbes

La question du réchauffement climatique et de la montée du niveau de la mer est une question primordiale pour les petits Etats insulaires, mais aussi pour des pays continentale come les Etats Unis, notamment pour les Etats comme la Floride, dont une bonne partie du territoire est quasiment au niveau de la mer. C’est un champ de coopération essentiel pour l’avenir de la région.
Le co développement durable caribéen et les énergies renouvelables sont des domaines dans lesquels une coopération portera des fruits partagés.

Développer la coopération avec l’Afrique

Il y a un champ d’investigation tout trouvé en ce qui concerne les parties communes de notre histoire. Il ne s’agit pas de fustiger l’enseignement de l’histoire au temps de la Gaule et de la Rome antique. Cela nous concerne. Mais l’enseignement de l’histoire de l’Afrique, celle d’avant la déportation, d’avant la colonisation, nous concerne également.
Les échanges avec l’Afrique peuvent éviter que le Mémorial Acte soit seulement un Disneyland consacré à l’esclavage, mais un outil vivant consacré à l’étude des relations entre les trois continents, notamment pendant la traite.


Développer la coopération avec le monde francophone et l’Europe


La proximité n’est pas seulement une question géographique. Tout le monde francophone voisine culturellement avec nous et peut nous enrichir. La relation ancienne avec le Québec est loin de donner la mesure de ses possibilités. Enfin, notre appartenance à l’Union européenne ne doit pas nous conduire à négliger les possibilités d’enrichissement, notamment pour les jeunes et les étudiants. Des dispositifs européens existent. Il ne nous est pas interdit de le enrichir.

Principes pour un retour à une présidence républicaine

Président et citoyen

Le président de Région a un comportement de souverain, pas de républicain. Il faut revenir à une conception citoyenne de l’exercice du pouvoir, en particulier de la fonction de président. La concentration du pouvoir entre les mains d’un seul homme conduit aux retards inévitables, sinon au blocage, surtout lorsque le président n’exerce qu’à temps très partiel. En effet, le président est député, fut chargé de responsabilités au parti socialiste. Il est donc hors du territoire la moitié, sinon les deux tiers de l’année.

Décider au pied levé de se faire accompagner par une troupe de courtisans et un groupe de carnaval pour aller en avion aux Etats-Unis d’Amérique à l’occasion d’un simple match de football ne relève pas des compétences d’un président de Région, mais d’un roitelet d’îlet qui n’a pas encore connu la démocratie.

Les crédits de communication de la Région ne sont pas destinés à promouvoir l’image d’un élu, mais à informer les partenaires de la Région, notamment les entreprises, pour la mise en œuvre efficace des politiques publiques.

Enfin, la collectivité régionale doit appliquer la loi et ne pas détourner les crédits de la collectivité au profit de la campagne pour la réélection du président sortant.

Le partage des responsabilités doit se substituer à la pratique du pouvoir personnel. Ce point a été développé précédemment.

La Région ne doit pas vivre au dessus des moyens de la population. Ainsi, l’administration régionale ne peut avoir un parc de limousines quand la population ne dispose pas d’un service de transports publics digne de ce nom. Il n’y a pas de raison que la Région acquière des véhicules de tourisme coûtant plus de 25 000 € l’unité, y compris pour l’usage du président.

La Région ne doit utiliser ses crédits que dans l’intérêt général, pas l’intérêt personnel du président en exercice. La gabegie de dépenses de communications sera stoppée.

En somme, le président de Région doit rester après son élection, le citoyen qu’il était avant. Il ne doit pas se transformer en monarque absolu. Le Président de Région n’est pas le supérieur hiérarchique des autres élus de sa majorité, a fortiori des autres. Il doit se la rappeler. On doit le lui rappeler.

Principes pour une nouvelle politique budgétaire

L’élaboration du budget de la Région doit traduire un changement principes et de priorités. Globalement, il faut redonner la priorité absolue à l’investissement et d’autre part, adopter un nouvel équilibre entre les domaines d’intervention.

1. Il faut tendre d’ici 2014, vers les 60% de crédits consacrés à l’investissement.

2. Il faut accroître les crédits consacrés :

- Aux interventions économiques

- Aux transports alternatifs

- A l’environnement, eau, déchets

3. Il faut restructurer la dépense en matière d’éducation et formation

4. Il faut diviser par 10 les dépenses de communication à caractère publicitaire


Construire la Guadeloupe de 2030. Déjà imaginer celle de 2050

 

La Guadeloupe ne pense son avenir qu’en terme d’échéance électorale. Après le référendum de 2003, pour lequel notre réflexion était insuffisante, nous sommes retombés en sommeil. Le conflit, puis les Etats généraux nous ont trouvés en 2009, au même stade d’impréparation.


La Région doit engager un chantier de concert avec les organismes tels le conseil économique et social régional, l’Université, l’INRA, l’Insee. Les élus communaux devront y être intégrés. L’idée est d’aller plus loin dans la prospective que le schéma d’aménagement régional. Cela suppose également le recours aux expertises extérieures, caribéennes, européennes et internationales, afin d’intégrer les éléments d’influence de la globalisation et des relations internationales.

Le Medef vient de publier sa vision de la Guadeloupe de 2030. Un tel document doit être versé au dossier de la construction de la nouvelle Guadeloupe.


Le projet GERRI à la Réunion, qui vise notamment à une autonomie énergétique de cette Région et s’attaque de façon résolue à la question du transport dans le cadre de l’après pétrole, nous indique la voie.

Le mandat 2010-2014 doit être mis à profit pour élaborer ce plan, à mettre en œuvre d’ci 2030 pour dessiner la Guadeloupe de 2050.

Le mode de financement et la fiscalité locale

Aucun plan de développement économique ne peut procéder de la Région seule. C’est la responsabilité de l’Etat. Lui seul a les outils d’impulsion dimensionnés. Mais la Région est un partenaire incontournable. D’ici 2014, la Région devra consacrer 60% à 70% de son budget aux investissements. Aujourd’hui, c’est seulement 50%. La mobilisation des moyens doit être à un niveau maximal, vu l’importance des projets. Le plan de développement «Horizon 2020-2030» sera proposé à l’Etat. Des financements européens sont également indispensables. Enfin, la Région devra impérativement recourir à l’emprunt pour compléter le besoin de financement du plan. Dans un pays en retard de développement, ne pas emprunter sous prétexte de ne pas s’endetter est pire qu’un crime, un faute. Par ailleurs, il faut vite mettre fin à toute politique spectacle dispendieuse. En effet, compte tenu de la crise économique et sociale, mondiale, locale, une gestion rigoureuse est le seul moyen d’éviter dans l’avenir une explosion des impôts et des taxes régionales

Conclusion


Ce projet n’a qu’une ambition, ouvrir enfin un débat sur des solutions concrètes pour sortir de 60 ans de crise larvée de la départementalisation, en particulier de la phase aigue que nous traversons depuis plus d’un an. Martin Luther King disait : « Tout le monde peut être grand. Car tout le monde peut servir ». Nous pouvons tous servir la Guadeloupe, la cause guadeloupéenne.

Chaque être peut apporter sa contribution à ce défi. Chaque Guadeloupéenne, chaque Guadeloupéen peut faire quelque chose pour la Guadeloupe. Il le peut individuellement. Collectivement, ensemble, les uns et les autres, nous pouvons tout faire, nous pouvons tout réussir. Oui, nous le pouvons. Par un vote éclairé.

Publié dans Le projet

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Nathalie 26/02/2010 22:03


Bravo! Monsieur LESUEUR. Je ne suis pas très politique, mais quand je vous lis ou vous écoute, je ne comprends pas comment vous n'êtes pas encore la tête de la Guadeloupe.Les élus comme vous dites,
sont-ils tous des cons pour ne pas faire alliance avec un homme tel que vous avec un programme aussi complet. C'est sûr, pour eux vous êtes trop honnête et trop courageux.Ils ont tous peur de vous,
mais ne baisser les bras, je suis certaine que vous réussirez. Foncez, Monsieur LESUEUR et la Guadeloupe y gagnera.