Notre projet pour la Guadeloupe

Publié le par Alain Lesueur

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La cité scolaire de Baimbridge, symbole de l'imprévoyance et de l'inconséquence du président de Région. Plusieurs centaines de morts garantis, en cas de tremblement de terre, déjà "annoncé" par le BRGM.

Avis aux plagiaires. Nous commençons la publication de la dernière version de notre projet. Un chapitre sera présenté chaque jour. Ceux qui ont copié les versions précédentes vont devoir se mettre à jour. Notre projet est cohérent et embrasse les principales problématiques sur lesquelles la Région peut avoir prise.


GUADELOUPE DEMAIN

ECONOMIE SOCIAL

DEUX PRIORITES


Priorité numéro 1 : L’Economie, l’emploi et la cohésion sociale

Objectif 15 000 emplois


Depuis un demi siècle, le chômage se maintient à un niveau trois fois supérieur à la moyenne nationale. Cela n’est pas admissible. Un contrat d’objectif doit être conclu par la Région, avec l’Etat, responsable de la politique économique. Tout choix doit prendre en compte la priorité à l’emploi. Ainsi, la construction de 6 collèges à 8 millions chacun, pour accueillir 5000 élèves au total, vaut mieux que celle d’un seul lycée à 49 millions pour 1200 élèves. Dans le premier cas, les 6 collège équivalent, a minima, à quatre fois plus d’emplois pour les personnes au chômage que dans la seconde option, pourtant choisie à tort.


1. Economie et Emploi : 3 grands chantiers prioritaires

 

Grand chantier 1 : Construction d’un réseau ferré intercommunal (1)


Trouver une alternative au transport routier est un enjeu mondial, national et local. La gestion du réseau ferré est une priorité des régions de l’hexagone parce que c’est un enjeu régional et une question déterminante pour le développement. Les régions ont hérité d’un système de transport mis en place par l’Etat. Notre retard en la matière est donc imputable à une carence ou des mauvais choix de l’Etat. Il doit en conséquence être le principal contributeur pour la construction de ce réseau ferré intercommunal, dont l’entretien incombera à la Région.

Il s’agit d’un chantier de 15 à 20 ans, pourvoyeurs de milliers d’emplois directs et d’autant, sinon plus d’emplois indirects, par l’effet d’entraînement du secteur.

 

Grand chantier 2. Plan école : maternelle, primaire, collège, lycée (2)


Ni les communes, ni le Département n’ont apparemment les moyens d’assumer leurs obligations en matière scolaires. La Région doit prendre l’initiative d’un plan coordonné, en relations avec le conseil général et les conseils municipaux, concernant la remise à niveau de l’équipement, et qui inclura tous les niveaux scolaires. Certaines communes n’ont pas les moyens de scolariser les enfants de 3 ans et le Département doit construire deux collèges par an, quand elle en construit un tous les deux ou trois ans. Le concours de l’Etat s’impose eu égard au retard en matière de lycée et au mauvais état des collèges, lors du transfert. Ce chantier apportera plusieurs centaines d’emplois supplémentaires.

 

Grand chantier 3 : Plan « Accueil des personnes âgées » (3)


L’accueil des personnes âgées est le défi des années 2020 à 2030. C’est donc aujourd’hui que la Région doit accompagner le Département, incapable d’assumer cette mission qui lui incombe. Il s’agit de construire au moins un ou deux nouveaux établissements d’accueil au cours de chaque mandature pendant deux décennies. Des centaines d’emplois sont là aussi en cause, tant pour la construction des établissements que pour leur bon fonctionnement.


2. Cohésion sociale : Un tissu social à raccommoder d’urgence (4)


Les grands chantiers apporteront de l’emploi. Cette huile économique devra être mise dans les rouages de la société, au service d’un projet de meilleure cohésion sociale. Or, aujourd’hui, un conflit de génération est entretenu par leur mise en concurrence des jeunes et des seniors sur le marché du travail. Certains dispositifs l’ont même renforcé, en cherchant à substituer des jeunes aux seniors, alors que ces derniers sont autant victimes du sous emploi.

Jeunes et seniors, même combat (5)


Le plan de diminution du chômage sera conçu de façon à assurer la transition générationnelle. A un emploi créé, sauvegardé, ou concerné par un départ à la retraite, sera affecté un binôme. Pendant trois ans, le cumul des charges pour la collectivité, d’un salaire et d’une indemnité de chômage, sera partagé entre un senior et un jeune. Le premier des deux aura généralement pour mission d’assurer le tutorat du second, dans le cadre d’un échange formation initiale contre expérience pratique. Le second pourra assister le premier dans l’abord des technologies de l’information et de la communication. Les aspects sociaux du plan pour l’emploi seront discutés entre les partenaires sociaux, l’Etat et les collectivités dans le cadre d’un partenariat favorable au développement du syndicalisme, ainsi qu’il est indiqué ci après.


Créer une vice-présidence à la cohésion sociale (6)


La question de la cohésion sociale est primordiale. Le conflit social de 2009 a montré que les enjeux dépassent les limites de compétence des collectivités. Il n’empêche qu’elles ont été interpellées pour apporter des réponses. La Région doit donc s’investir dans un domaine qui est absolument déterminant pour la réussite économique et un développement durable. Cela signifie qu’elle doit définir sa politique de promotion de la cohésion sociale, notamment à travers la formation des partenaires sociaux. La structure des entreprises, très petites, fait que les entrepreneurs sont souvent démunis en la matière, quand les syndicalistes bénéficient de dispositifs qui leur permettent d’avoir une expertise plus grande en droit social.


Contribuer au développement d’un syndicalisme rénové (7)


Contrairement à une idée reçue bien partagée, la Guadeloupe ne souffre pas de l’hyper puissance des organisations syndicales. Elle souffre de leur faiblesse. Le taux de syndicalisation est extrêmement faible, tout comme la participation aux élections prud’homales. Il convient donc de mettre en œuvre des moyens de promouvoir la syndicalisation. La Région élaborera, avec les organisations de salariés représentées en Guadeloupe, avec les organisations patronales, un plan destiné à promouvoir l’exercice syndical et à la formation des salariés intéressés. La Région contribuera à des actions de sensibilisation dans les entreprises, et de communication pour accroître la participation aux élections prudhommales. Des formules de représentation inter entreprise seront expérimentées notamment en matière d’œuvres sociales et de création de comité d’entreprise.


Créer un revenu de solidarité temporaire d’inactivité (RSTI) (8)


L’Etat est responsable de la cohésion sociale. Pourtant, sous la pression de la rue, il a créé un RSTA par lequel il se substitue aux entreprises et laisse pour compte ceux dont il a la charge, handicapés, chômeurs non indemnisés, etc.

L’Etat doit donc créer un Revenu Supplémentaire Temporaire d’Inactivité. Il sera versé pendant 3 ans et son montant sera de 150 € par mois, soit le montant du RSTA servi par l’Etat, plus les 50 € versés aux salariés par les deux collectivités départementale et régionale. Le RSTI pourrait être versé par la Caisse d’Allocations familiales qui connaît la plus grande partie des groupes de population concernées.

Instaurer des minimas sociaux guadeloupéens (9)

La Guadeloupe a connu par le passé des minima sociaux réduits. Nous avons ainsi « bénéficié » d’un smic local, réduit, des prestations sociales non versées, dans la période récente, il y eut un RMI tronqué, et encore aujourd’hui, l’Etat a opéré une discrimination par le RSA servi uniquement en France métropolitaine.

De 1946 à nos jours, l’Etat a ainsi accumulé une dette à l’égard de la Guadeloupe, composée de toutes les prestations sociales non versées ou réduites pendant des décennies, pour des motifs parfois loufoques, et qu’il s’agirait maintenant de commencer à apurer. C’est une première justification.

Par ailleurs, la création du RSTA constitue la reconnaissance de la nécessité pour l’Etat de prendre en compte, selon le même principe que pour les fonctionnaires, avec la prime de vie chère, le différentiel de coût de la vie.

C’est cette logique qui doit conduire à des minima sociaux spécifiques pour les quels le principe pourrait être adopté par le Parlement d’une majoration de 10% par rapport au minima sociaux de l’hexagone.


Etendre le bénéfice du RSA (10)


Le RSA n’aurait jamais dû exclure les Guadeloupéens. C’est précisément là où il est le plus utile. Les députés de la Guadeloupe n’ont fait aucune intervention pour s’insurger contre cette discrimination insupportable. Lurel est intervenu dans le débat, au nom du Parti socialiste, pour défendre les bénéficiaires de la France européenne. Pour lui, le RSA était moins favorable aux DOM. Aujourd’hui, trop tard, il clame le contraire.

Il faut que le Gouvernement décide maintenant, que le RSA sera applicable au 1er juillet 2010. Il n’avait qu’à faire plus tôt les études qu’il commande au moment où la prestation devrait déjà être appliquée. Le versement du RSA va constituer un coup de pouce à la relance de la consommation des ménages.


Rénover les conseils placés auprès de la Région (11)


Les acteurs des relations sociales font partie des deux conseils placés auprès du conseil régional. Un unique conseil peut embrasser les questions économiques, sociales ainsi que la culture ou l’environnement. A l’évidence, les derniers cités ne sont pas détachables des premiers.

La mission d’amélioration du dialogue social ne souffre pas de l’inexistence des instances mais sans doute de méthode ou de sensibilisation.

Un conseil des partenaires sociaux, ainsi dénommé à dessein, aurait la mission d’intégrer une dimension d’amélioration du dialogue social dans toute études ou réflexion qu’elle se propose de mener.

Elle serait en outre chargée de présenter à la Région un bilan annuel du dialogue social, assorti de propositions pour intégration dans les orientations budgétaires.

 

 

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