Veillée africaine

Publié le par Alain Lesueur

sarkozy-afrique-gf.gif Le vendredi 26 février 2010, j'ai été convié à donenr une conférence au CAGI sur le thème : "Les perspectives pour la Guadeloupe". Voici le texte qui a été pronocé à cette occasion.

Il y a une quinzaine d’années, je me suis rendu en Afrique Noire. J’allais à Abidjan, en Côte d’Ivoire. Mais mon vol charter était pour Ouagadougou, au Burkina Faso. J’ai fini le trajet en train. Pendant mon séjour à Abidjan, je suis allé au Togo en avion. On ne pouvait traverser le Ghana de Jerry Rawlings, dont les frontières sont alors fermées de ce côté. Puis, du Togo, j’ai continué en taxi brousse jusqu’au Bénin, où j’avais un collègue de la Sécurité sociale. De Cotonou, j’ai enfin voulu aller au Nigéria.

J’avais été invité au Togo par un architecte qui avait fait ses études en France. J’ai été hébergé 15 jours dans l’hôtel de passe tenu par son frère. La passe coûtait 5 francs. Les prostituées venaient du Ghana, à pied. Car Lomé est située sur la frontière. Mon ami qualifiait son pays, par « la puanteur et la médiocrité ». C’était le régime du Général Gnassingbé Eyadéma. A sa mort en 2005, la France a dit avoir perdu un ami. Eyadéma avait reconnu être l’assassin de son prédécesseur. Comme à Pointe-à-Pitre en 2008, en 2005, son fils Faure Gnassingbé a succédé à son père.

Lorsque j’ai voulu entrer au Nigeria, une femme douanier a demandé combien d’argent liquide je possédais. Elle en a exigé la moitié. Ne pouvant prendre un le risque d’aller à Lagos sans assez d’argent, j'ai refusé. Elle m’a montré la direction de la frontière béninoise, que je venais de franchir sans encombre.

Si j’ai fait cette longue introduction, c’est pour tenter de montrer en quoi, les perspectives de la Guadeloupe qu’il m’est demandé de tracer ici, sont peut-être contenues dans ce qui ressemble, dans une parodie de lecture biblique, à une sorte de « parabole du voyageur africain ».

La Guadeloupe peut connaître une continuité à l’Ivoirienne. C’est la voie UMP. Certes Aldo Blaise, flotte pas mal dans le costume de Félix Houphouet Boigny, mais ils ont en commun d’être des « homme de Paris ».

FH-Boigny.jpgEn revanche, en femme de l’ombre, pour ne pas dire femme cachée, ce serait désobligeant, Marie-Luce Penchard est tout à fait dans la ligne de Simone, la femme de l’actuel président Laurent Gbagbo que l’on soupçonne de porter la culotte, dans le couple présidentiel.

Hier, j’avais conseil municipal à Sainte-Rose. Je n’ai donc pas pu entendre le couple présidentiel Simone et Laurent.

La Côte d’Ivoire fut longtemps citée en exemple de réussite. C’est un pays en état de guerre civile froide. On a redécouvert qu’on y parle 36 langues. On a donc presque autant de problèmes pour se parler entre Ivoiriens que pour se comprendre entre Guadeloupéens. Un maire, candidat aux régionales, dit qu’un guadeloupéen ne peut pas travailler aux Abymes, parce qu’il n’est pas des Abymes. En Côte d’Ivoire, Alassane Ouattara s’est vu refuser « l’ivoirité » en raison de son ascendance Burkinabé.

La liste Jalton nous mène vers le Togo, si on juge par la propension à surmonter les intérêts contradictoires par la perspective sonnante et trébuchante qui constitue la ligne, non pas politique, mais plutôt la ligne de mire, quitte à avoir la « puanteur et la médiocrité ».

Pour les perspectives d'avenir de la Guadeloupe, la voie nigériane nous guette. Il suffit de suivre la pente actuelle, de la stabilité… dans la crise, et de la continuité dans l’inaction. Les bonnes raisons qui nous font transgresser la loi, président de Région en tête, la conviction que la « fin qui justifie les moyens», la politique dite de pwofitation qu’on dénonce, chez l’autre, et qu’on appelle avantage acquis, s’il s’agit de soi, tout cela augure une évolution de la société vers une violence sociale dont le terreau est déjà préparé et les engrais épandus dans l’absence de projet qui caractérise l'homme politique « local ». La guérilla urbaine entre jeunes pauvres en deux roues, et riches en limousines blindées aux vitres teintées, carte postale de l’Afrique moderne, qui a cours dans les périphéries de Lagos, est aux portes de nos villes, et présentée en une et dans les colonnes de France Antilles.

Il y a aussi une troisième voie. La voie Burkinabé. Celle qu’a montrée Thomas Sankara. Ce type va démissionner d'un poste de Secrétaire d'Etat à l'information en déclarant : « Malheur à ceux qui bâillonnent le peuple ». L’élection régionale est la pire opération de bâillonnement que je connaisse. Sankara, c'est un président qui roulait en Renault 5, quand nos excellences, maires, se roulent en limousine à 40 000 €.

A son arrivée, Sankara a vendu les limousines du Gouvernement et mis tout le monde à la R5.

Je ne suis pas persuadé que la voie burkinabé attire la foule de nos responsables politiques. Et je le comprends. Sankara fut assassiné. Par son meilleur ami et son assassin. Le Pays des Hommes intègres, car on n' pas osé le débaptiser, est toujours dirigé par l’assassin de Sankara.thomas_sankara_la_lutte_en_marche0.jpg

Si je résume, dans trois cas, Aldo, Jalton, Lurel, la Guadeloupe restera un pays plutôt pauvre, avec des richesses plutôt mal distribuées. La Française des Jeux et le PMU vont accroître leur chiffre d’affaires.

Ce qui fait et fera la différence, demain, c’est la question éthique.

Je crois que la question de l’éthique républicaine est centrale pour celui qui veut entrevoir l’avenir de la Guadeloupe.

Mais au fait, la Guadeloupe souhaite-elle se donner un avenir ? Veut-elle rêver d’avenir ?

Cet avenir, il faut s’en donner les moyens au plan économique. Mais la question économique n’est pas détachable de la question sociale quand la seule idée que semblent partager les partenaires sociaux, c’est le désir commun d’entretenir un état permanent de guerre civile. Cette situation est le fait d’un patronat tiraillé entre l’idée d’une illégitimité des droits des travailleurs et la tentation paternaliste héritée du bon maître, considéré tel parce qu’il ne fouettait pas ses esclaves. Elle est confortée par un syndicalisme au triple langage, conservateur en chef des avantages acquis, réformiste pour gérer le corporatisme, et révolutionnaire, mais pas plus que nécessaire, pour l’illusion du grand soir.

Les syndicats peinent à admettre que sans économie, il n’y a pas de social. Le mouvement social a rappelé aux patrons, que sans social, il n’y a pas d’économie. Zéro-Zéro, balle au centre et le pays hors jeu.

Voilà nos 44 jours de grève générale, enthousiastes, puis circonspects, enfin, désabusés, désespérément résumés en trois lignes

La Guadeloupe n’a pas les moyens de son avenir économique. Elle n’a ni la maîtrise des moyens juridique, ni les capacités financières, ni publics, ni privés. A fortiori en période de crise internationale.

A court terme, seul l’Etat peut relancer l’activité en Guadeloupe. Mais il fait comme nous, semblant, plus soucieux de réduire son train de vie que d’urgence ultramarine. Quand le président érige la domiciliation en Guadeloupe de la formation d’une dizaine de médecins, en Grand chantier, il se moque de nous.

Pourtant les grands chantiers, le Préfet lui-même en égrène certains. C’est la gestion des déchets, c’est la préservation de la qualité de l’eau. Nous pouvons ajouter nos priorités. Nos collèges sont plus surpeuplés que la prison de Fonds Sarail. Nous nous déplaçons à la vitesse des charrettes à bœufs.

Deux grands chantiers ont été engagés à la Réunion qui méritent de retenir notre attention. Ces questions sont précisément celles qui feront que la Guadeloupe entrera dans le 22e siècle dès 2050, ou fera à cette échéance un grand bond en arrière, et reviendra « An An tan Sorin ».

L'octogénaire Vergès, à la Réunion, a engagé une politique d’avenir. En 6 ans, le jeune Toto a déjà fait prendre à la Guadeloupe 20 ans de retard sur la Réunion.

La route des Tamarins qui vient de s’y achever, avec 120 ponts et pas mal de tunnels. Le chantier a entraîné la création de 3000 emplois.

Le projet de Tram Train, qui a fait l’objet d’un contrat Etat-Région, avant l’élection présidentielle provoquera la création d’encore plus d’emplois et cela, pendant une bonne dizaines d’années de travaux.

En 2030, la Réunion sera dotée d’un système de transport collectif peu coûteux, peu polluant. Sur la route des Tamarins, en 2020, les voitures électriques s’arrêteront dans les stations pour changer leur batterie.

Pour parvenir à ce résultat, la Région Réunion qui investissait 160 Millions en 2004, a investi 466 millions en 2009.
En 2004, la Région Guadeloupe investissait les 2/3 de son budget. Aujourd’hui, c’est 50%, contre 62% à la Réunion.route_des_tamarins_viaduc_bras_boucan_canot_et_tunnel_du_ca.jpg

Les deux Prix Nobel des cancres en économie qui sont à la tête des Région Martinique et Guadeloupe, le pseudo indépendantiste Marie-Jeanne et le faux progressiste Lurel font la politique économique de ma maman qui a 96 ans, quand elle tenait un lolo. Il ne faut pas avoir de dette, disait-elle. La Région Martinique a une dette de Zéro. Lurel a emprunté moins de 50 millions en six ans. La Réunion a emprunté pas moins de 133 millions pour la seule année 2009.

Aujourd'hui, la dette par habitant de la Réunion est équivalente à celle de la Guadeloupe en 2004, de l'ordre de 700 €. Comme la Guadeloupe en 2004, la Région Réunion est endettée. Elle n'est pas sur endettée. La Région Réunion prépare l'avenir des Réunionnais de demain

Au bout six ans de Lurel, la Guadeloupe risque de mourir en bonne santé, et sans dette. Enfin, presque.

La politique de Vergès est un amortisseur de crise. Celle de Lurel lui a a préparé le terrain, puis l’a accélérée, intensifiée.

Et Toto qui a attendu que la malade Guadeloupe soit près de l’agonie, avec un tel régime, nous annonce un emprunt de 100 millions. Si c’est pour payer les obsèques, c’est un peu cher. Pour sauver le malade, c’est mettre de l’aspirine liquide dans la perfusion des agonisants dans un service de réanimation.

Et c’est ici que se pose à nous la question de l’éthique républicaine.

La question de l'éthique républicaine s'impose lorsqu'un élu estampillé de gauche se complaît dans l'élitisme, voire le snobisme politique, le futile, l’accessoire, lorsque l'essentiel, est négligé.

La question de l'éthique républicaine se pose lorsqu'un défenseur du statu quo institutionnel demande des habilitations législatives, qui sont le fait de la manifestation de sa seule volonté, sans consultation de la population, ni sur le principe, ni sur l'objet, qui reste nébuleux.

La question de l'éthique républicaine se pose lorsque la préférence va à un lycée vitrine de 50 millions d'euros, plutôt qu'à la reconstruction de la Cité scolaire de Baimbridge, qui sera notre Ground Zéro, en cas de tremblement de terre. Notre George Bush de la Région, s'il est élu pour un deuxième mandat serait bien avisé de s'approvisionner en sacs plastiques pour cadavres en taille XXM pour « Extrêmement morts ».

La question de l'éthique républicaine se pose lorsqu'une école de la deuxième chance transforme des chômeurs en stagiaires de formation pour trois fois plus cher qu’un organisme de formation privé.

La question de l'éthique républicaine se pose lorsqu'un élu se prend pour un souverain et affrète un avion comme on affrète un carrosse, pour emmener sa cour d’inutiles et d'oisifs, aux Etats – Unis.

La question de l'éthique républicaine se pose lorsqu'un président de Région, candidat, engage plus de 20 000 € en moyenne, d’argent de la collectivité, en frais de publicité dans la presse écrite, sans compter les crédits dépensés dans l'audiovisuel, dans une période où l'article L 52 du code électoral interdit aux collectivités le recours à tout procédé de publicitaire.

La question de l'éthique républicaine se pose lorsque le service public de l'audiovisuel se fait complice d'opération interdites par la loi, une prohibition rappelée par le Conseil supérieur de l'Audiovisuel.

La question de l'éthique républicaine se pose lorsque des maires font obstacle à la candidature de qui leur déplaît, retardent, et refusent la délivrance d'attestation d'inscription sur les listes électorales.

La question de l’éthique se pose lorsqu’aucun média n’interroge le candidat sortant sur un bilan qu’ils déclarent pourtant bon, ni sur les projets qu’ils préconise pour les quatre ans qui viennent.

La question de l'éthique républicaine se pose lorsque le Préfet, muré derrière l'obligation de réserve, laisse la Guadeloupe s'enfoncer dans la dictature de l'ignorance, de l'amateurisme et de la perversion du droit, celle de l’information et celle du droit de l’information.

Enfin, la question de l'éthique se pose, lorsque j'interviens ici, à l'Université, au CAGI, dans une session de rattrapage, alors qu'une sélection avait été faite, dont j'avais été écarté au profit de deux déserteurs, un de chaque camp… de vacances.

En écoutant ici le premier intervenant, le président Toto, je m’étais consolé en me disant que la sélection avait été faite sur un critère Sarkozien. Sur la photo, faut pas dépasser la taille du Petit Nicolas.

Et la question de l'éthique républicaine se pose lorsque le silence des éminents juristes de la Guadeloupe me fait passer pour un Pic de la Mirandole du droit, moi que ne possède que ma première année de capacité, grâce d'ailleurs à Julien Mérion, Eric Nabajoth ou Maître Floro qui furent mes excellents pédagogues. Je le dis avec délectation. Ainsi, vous vous dites que vu mon âge, ces trois là doivent bien être centenaires. En réalité, c'est moi qui était un peu, on va dire attardé.

J'ai déjà beaucoup parlé, mais souffrez encore un peu, le temps que je dise deux ou trois choses sur le social. J’ai des tickets à distribuer qui vous éviteront de faire la queue demain dès 4 heures à la CMU.

Le mouvement qui a transporté la Guadeloupe il y a un an, aurait tenu ses promesses si nous avions su surfer sur cette vague puissante. En réalité, chacun a cherché à déstabiliser l'autre, et aujourd'hui, tout le monde est à l'eau... Certains sous l'eau.

L’effet de ressac est violent. L'Etat est retombé sur ses pieds. Les élus cul de jatte , se sont remis à ramper, de droite comme de gauche. Lurel apprend par cœur mes articles de Sept Mag dans l’avion pour aller les réciter à l’Assemblée et gommer les bêtises de Toto. On a ainsi sauvé in extremis la défiscalisation du RSTA, et la prime pour l’emploi. Juste avant le gong, en décembre 2009, dans la loi de Finances. Une bagatelle de quelques centaines de millions d’euros d'impôts en moins et donc de pouvoir d’achat en plus.

Il reste, échoués sur la grève, ou la plage, comme on veut, ceux à qui on n'a jamais appris à nager, de mère en fille, ceux qui ajoutent un handicap, physique ou mental, ou d’âge, à celui d'être Guadeloupéen, vivant dans une société en guerre civile contre elle-même.

Pourtant la solution est simple. Trop simple peut-être. Avant un revenu de solidarité pour les actifs, il fallait, il faut un revenu de solidarité pour les inactifs contraints. Les 120 000 foyers qui vivent avec moins de 800 € par mois. Dans un pays où la voiture est un instrument de travail obligatoire qui coûte 400€ par mois.

Pourtant, la solution est simple. Trop simple. S'il faut un revenu de solidarité de 40% de vie chère pour les fonctionnaires, la logique voudrait que les minima sociaux soient réévalués. Disons de 10% à 15%. Les pauvres ne sont jamais des gens très exigeants.

Pourtant, la solution est simple. Trop simple. Avant de construire une usine à gaz pour payer 100€ à des salariés, l'Etat aurait dû, sans délai ni demande, appliquer le RSA à tout le territoire français.

Il est vrai qu'avec un député comme Toto, qui va dire au Parlement, qu'en Guadeloupe, nous avons mieux que le RSA, et qui après m'avoir lu dans Sept Magazine, fait un procès au Gouvernement, pour ce qui est le résultat de sa propre bêtise, la Guadeloupe est mal barrée, au sens propre comme au sens figuré.

Dès avril 2010, la Région doit voter la création d'un RSTI, en versant unilatéralement sa part, soit 25€ par mois. On verra si le Département, en charge du social, ose refuser à des sous smicards, ce qu'il a accordé à des salariés mieux lotis. Le même raisonnement vaut pour l'Etat qui devra mettre 150€ de quotte part, car les entreprises ne sont a priori pas concernées.

Mon dernier point de développement, et j'entends les enfin dans vos têtes, concerne l'énergie et l'environnement. Deux domaines dans lesquels les élus Guadeloupéens excellent... dans le foutage de gueule.

J'ai réussi in extrémis à bloquer trois projets de ferme éolienne à Sainte-Rose. Le conseil municipal n'en connaissait qu'un. Le maire y avait donné un avis favorable; en contradiction flagrante avec le Plan d'occupation des sols qu'il a charge de faire respecter. La Guadeloupe sera bientôt truffée de fermes photovoltaïques, si on n’y prend garde. Aucun permis n'est requis. Ce sera le jackpot pour les promoteurs et les nuisances pour les Guadeloupéens. Des terres agricoles en moins.

Pour les déchets, le Préfet menace de se substituer aux maires. Non contents d'appliquer le Plan départemental à l'envers, ils persistent à gaspiller l'argent public à faire du tri, avant de jeter les ordures, triées et non triées, dans la même décharge, sans traitement. Le résultat est le même en terme de pollution, sauf que cela coutera plus cher.

Pour conclure, mais c’est une conclusion heureusement provisoire car l’essentiel, c’est la discussion entre nous, qui va suivre, je dirai que la Guadeloupe, c’est au moins deux pays.

Il y a le pays du travail d’une part, dont l’image caractéristique est la zone industrielle de Jarry. C’est une Guadeloupe privilégiée, car si du temps de l’Ancien régime en France, le fait de ne pas travailler était un privilège de la Noblesse qui a permis à la bourgeoisie de s’enrichir, chez nous, avoir une activité professionnelle est un véritable privilège.

Pour comprendre le désarroi individuel et collectif de la deuxième Guadeloupe, celle du non travail, il faut réaliser que toute une partie de notre population est passée du travail obligatoire, à l’oisiveté subie. Le problème, c’est que l’un et l’autre sont également avilissant. Ce n’est pas par la police et la répression que l’on règlera la question de la violence des jeunes, si on laisse une partie de chaque génération, exclue en apparence à l’âge du collège, mais en réalité dès les classes maternelles, les fils et filles de Rmistes, se ghettoïser pendant qu’on distribue aux enfants de cadres et des fonctionnaires, des ordinateurs et des clés USB.

Ces deux Guadeloupe sont des continents qui dérivent. Hélas, le conflit social de 2009 a été un tremblement de terre qui a éloigné les plaques sur lesquelles reposent ces deux peuples distincts qui font la Guadeloupe, et que seule rapproche encore des liens familiaux. Pas pour longtemps. Puisque la politique menée en Guadeloupe tend au népotisme. De plus en plus ouvertement. A terme, la fracture sociale et la fracture politique vont coïncider avec une fracture familiale. Nous aurons alors créé de toute pièces, ou recréé, une société tribale.Guerre-tribale.jpg

Pour parfaire le tableau si j’ose dire, il faut savoir que la principale menace sur la Guadeloupe, ce n’est pas l’explosion de la jeunesse, c’est l’explosion de la vieillesse. La Guadeloupe, la Martinique, l’outre mer français seront, à ma connaissance dans l’histoire de l’Humanité, les premiers pays à la fois pauvre set vieux. Jusqu’ici les pays vieux sont riches ? L’exemple, c’est le Japon, ou l’Allemagne. Les pays pauvres sont jeunes, à l’instar d’Haïti par exemple.

Si nous n’y prenons garde, les manifestations du LKP de 2029 vont rassembler les mêmes personnes qu’en 2009, moins les morts. La moyenne d’âge du défilé passera de 45 à 65 ans.

Et on verra comme je l’ai vu en Argentine, des manifestations de ce que l’on a appelle les « Panthères grises », des vieux qui font le coup de poing avec la police, faute de pouvoir survivre avec leur retraite.

Je n’ai jamais pensé présenter une réponse à la question posée. Quelles perspectives pour la Guadeloupe ?

Je crois que tous les avenirs sont encore possibles pour la Guadeloupe.

Hélas nous n’avons ni un Martin Luther King ni un Nelson Mandela ou un Gandhi pour, pratiquement seul, forger le destin d’un peuple. C’est donc un drame. Nous sommes condamnés à être collectivement vertueux. Or, précisément, le collectif n’est pas notre point fort.

Le peuple est guadeloupéen est seul. Désespérément seul. Pourtant il est condamné à faire de la Guadeloupe un second Burkina Faso. Un autres pays des hommes intègres. Obligeant ainsi les élus à leur tour à suivre le mouvement.

J’ignore comment cela se dit en Burkinabé, mais le job consiste à faire de la Guadeloupe, le pays des élus intègres.

En histoire, c’est ce qu’on appelle, une révolution.

Cette révolution, je la crois possible, non pas ici et maintenant, mais en Guadeloupe, Demain.

 

Publié dans Journal de campagne

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pedro 07/03/2010 18:28


dans mon commentaire je voulais dire: la reunion ( au lieu de la région, faute de frappe)
il y a qq temps quand je découvert que la réunion allait construire un train tram,j'ai eu à l'idée que nous aussi en guadeloupe on pourra aussi aussi un réseau de train tram pour désenclaver la
guadeloupe
exemple de ligne: pointe à pitre-anse bertrand / pointe à pitre- st françois / anse bertrand -st françois =ainsi 3 réseaux grand terre
p a p -baie mahault pour relier les 2 iles
baie mahault-pointe noire/ pointe noire-capesterre/ capesterre -baie mahault
et une ligne spéciale qui fait la traversée (ce sera pour évacuer la population)
en plus ça crée des emplois pour construire, sans compter les emplois durable: conducteur /mécanicien/ agent commercial/ agent de sécurité etc....
il faut créer comme à paris un régie des transport qui gère bus, train tram, de manière éfficace

il est temps de developper et de moderniser ce pays, surtout pendant qu'on peut avoir les financement de la france et de l'europe, ce n'est pas quand on sera indépendant qu'on va courrir aux 4 coin
du monde; surtout qu'on a pas de ressources du sous sol.
vouloir aller construire des batiments dans la caraîbe, alors qu'on a des batiments hors norme chez nous; et on nous montre a la dominique qu'ils ont un batiment neuf pour la douane pour permettre
aux touristes de faire les formalités et de l'autre on voit qu'il n'y a personne a la douane de la guadeloupe pour les formalités,c'est malheureux pour nous.et c'est regretable de voir 50 ans
d'indépendance, malgres qq ressources, certains dirigeants n'ont pu creer une hopital digne de nom , ni un reseau sanitaire eficace et préfère se soigner à l'étranger ( gabon, tchad, guinée,congo
etc) et le peuple greve faute de soin approprié.
par conséquent modernisons notre pays pendant qu'on est français appartenant a l'union européenne, ile de la réunion a bien compris, eux ne parle pas de changer quoi que ce soit; gaston flosse qui
a eu un statut taillé sur mesure a demander au ministre de l'outre mer en 2009 de l'aide pour la santé, réponse du ministre, il a doit assumer son autonomie.


Alain Lesueur 07/03/2010 22:33


Le système de transport que nous devons mettre en place, s'il est public, il doit commencer par faire appel au public pour définir les grandes options. Et c'est vrai que d'une manière générale,
notre performance n'est pas élevée eu égard aux moyens mis en oeuvre, ou disponibles.


pedro 07/03/2010 17:49


tres beau texte
surtout avec les références historique, puisqu'on prend souvent l'afrique en exemple
mais malheureusement on finir ainsi:
parti unique marxisme léninisme comme le bénin/algérie/mali/
coup d'état militaire, révolte,
despote et nespotisme, république-mornachiste comme au gabon,togo,bientot senegal-libye-egypte-ouganda-tchad
guerre civile entre nationaux-étranger,tribu contre tribu, clan contre clan, famille contre famille ( cas du tchad)
et on le voir en guadeloupe que les ingrédients sont réunit
c'est vrai que la région est plus avancer, car ils savent qu'avant de prendre l'autonomie voir l'indépendance il faut moderniser le pays et le développer, en guadeloupe on fait l'inverse, on casse
tout, demain en étant indépendant les memes courreront vers la france pour avoir de l'argent, et aussi courrir derriere les memes entreprises qu'on a vilipender, bref


Alain Lesueur 07/03/2010 22:34


Merci Perdo pour votre appréciation généreuse.


laure 06/03/2010 19:33


mince alors sévissent :-(


LAURE 06/03/2010 19:30


mille excuses: sévicent à la place de sévices!!!


laure 06/03/2010 19:27


Je viens d'avoir une discussion à propos de l'élection; une amie me disait qu'elle votera en fonction de son intérêt parce qu'elle a besoin du maire en place pour certains projets. Après ce sont
les mêmes qui se plaignent que les choses ne changent. J'ai bien peur que l'intérêt général soit une notion inconnue pour beaucoup; comme celle de service public dans certaines administrations.
Tous ceux qui se reclament de la majorité présidentielle, approuvent-ils la casse du service public, l'allongement de l'âge de la retraite ( ce qui favorisera la baisse des retraite et ainsi le
recours quasi obligatoire au financement privé), les pseudo réformes dans l'éducation nationale( où sont scolarisés les enfants de ceux qui prennent les décisions pour nos gamins?),les indemnités
maladies taxées, les milliards distribués au plus riches sans contre-partie ( surtout les banques,alors que les spéculateurs sévices de plus belle, attention à la France donc la Guadeloupe cf la
Grèce) ?


Alain Lesueur 07/03/2010 01:25


Chère Laure. Il y a deux catégories de personnes. Les responsables et les incapables majeurs. Dans cette deuxième catégories, il y a par exemple les personnes atteintes d'un handicap
mental. Mais il ya aussi les personnes qui se mutilent, s'auto trépanent, en se privant elles-mêmes de leur sens des responsabilités, de leur autonomie de décision. Votre amie est de cette
catégorie. Vous me pardonnerez je l'espère d'être aussi abrupt vis à vis d'une personne que vous tenez en amitié. Et de vous à moi, dites à votre amie de ne pas vous prendre pour une imbécile.
Personne ne l'accompagne dans l'isoloir. Il faut donc qu'elle assume de sacrifier l'avenir de génération entière de Guadeloupéens, dont peut-être ses propres enfants, neveux ou cousins. J'espère
simplement qu'elle n'est pas certaine que ses projets personnels valent plus que l'avenir du pays dans lequel elle est née, si toutefosi elle est native de Guadeloupe. Cela dit, comme le dit la
chanson, on est toujours né quelque part, un peu par hasard. Alors on peut se considérer comme un arbre qui n'a poussé ici ou là au gré de l'inspiration du vent. Dans ce cas, cet arbre n'a pas à se
préocuppeer de savoir s'il y a en dessous, un plus petit arbre, un animal ou enfant qui se nourrit de ses fruits. Cet arbre peut même faire en sorte de ne pas porter de fruit, pour éviter de
partager, éviter d'être utile à l'autre, éviter d'être plus qu'un arbre isolé, éviter de faire partie d'une forêt qui puisse fournir de l'oxygène à l'autre bout de la planète, et donc à
des personnes qu'on ne connaît pas. Moi, je suis de la variété des arbres qui acceptent d'héberger sur leur tronc ou leurs branches, à la fois les plantes épiphytes et les plantes parasites. Je
suis comme Jacques Prévert. J'accepte ceux que je ne connais pas. Et comme lui, je dis tu à ceux que j'aime, même si je ne les connais pas. Je dis tu à ceux qui s'aimment, même si je ne les ai vus
qu'une seule fois. Bien à vous.