Pour qui grenouille RFO?

Publié le par Alain Lesueur

J’ai saisi la directrice régionale de RFO, pour la deuxième fois, au constat qu’au bout de six semaines, ma candidature au scrutin régional de mars 2010 n’a toujours pas été citée par le service public, ni en radio ni en télévision.

 

Cela est d’autant plus surprenant que je suis jusqu’à plus ample informé le seul candidat qui publie des propositions à la fois pour dynamiser la politique du conseil régional et en réponse au mouvement social du premier trimestre. Trop de lecture pour nos journalistes sans doute.

A contrario, lors du journal radio de 18 heures, le mercredi 6 janvier 2010, a été annoncée la candidature de « Monsieur Phibel de Pointe-Noire », qui était parvenue à la station le jour même « par fax » selon l’un des deux journalistes de service. Depuis, on ignore s’il s’agissait d’un gag ou d’une candidature sérieuse. Monsieur Phibel n’a plus donné signe de vie. Mais dans le doute, l’annonce de sa candidature a été officialisée par RFO. En quoi suis-je moins « présentable » que Monsieur Phibel que je ne connais pas, ni sans doute aucun journaliste de RFO ? Dans quel but le service public pratique-t-il une sélection par la censure dont on n’ose imaginer les critères ? Par définition, des agents du service public ne peuvent être intéressés. Si on comprend sans peine qu’une chaîne de télévision privée puisse être l’objet de chantage au versement de subvention ou de la convention conclue avec une collectivité, on imagine moins bien le mode de pression que peut exercer un candidat sur le service public pour priver les autres candidats de parole. Cela dénote aussi de la frousse de la part de ceux qui utilisent de telles méthodes. Quand on commence à craindre la défaite, c’est parce qu’on la sent très possible, voire proche. Qui pratique encourage dans les médias le Tout sauf Lesueur, pendant que les mêmes médias lurélistes dénoncent un Tout sauf Lurel qui est plus logique et plus compréhensible, s’agissant d’un candidat sortant. RFO ferait bien de relire ce que dit le CSA en matière électorale et sur le pluralisme de l’information. Sans parler du fait qu’il s’agit d’un service public dont le rapport qualité prix finira par inciter l’Etat à le faire disparaître. Pour l’heure, cela ne fait que renforcer ma détermination. Rendez-vous sur le plateau de RFO, lors de la campagne officielle. J’ai déjà une proposition à faire pour changer le comportement des élus qui doivent savoir qu’ils ne sont pas propriétaires des mandats qu’ils détiennent. J’ai aussi un message personnel pour le candidat sortant qui doit savoir que la Guadeloupe tient à rester une démocratie. Et que ses pratiques renforcent le camp majoritaire en Guadeloupe. Celui des démocrates.

Publié dans Au jour le jour

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