Notre projet Acte 7

Publié le par Alain Lesueur

  carte_caraibes.gif Deuxième frontière : Les Echanges extérieurs


Le développement cent fois annoncé de la coopération économique avec la Caraïbe est un slogan pour discours et reste un peu une utopie… à court terme. Ni nous, ni nos voisins n’en font une priorité politique, ni économique. En revanche, la coopération culturelle peut se développer immédiatement, et de plus, elle constitue un sas obligé, une étape décisive et un vecteur efficace de progression des échanges dans tous les autres domaines.. 

1. Les échanges avec la Caraïbe


Un nouvel état d’esprit

La coopération avec nos voisins géographiques est un domaine dans lequel nous devons à la fois prendre des initiatives et négocier avec l’Etat. Aujourd’hui, les règles sont subies, du fait qu’elles sont la conséquence d’accords de partenariat euro caribéens dans lesquels nous ne sommes pas partie prenante.

Nous partons du principe que nos voisins ne demandent qu’à coopérer avec nous. C’est une vision incertaine. La coopération avec la Guadeloupe n’est pas un enjeu pour la plupart des Etats caribéens. La coopération ne va pas de soi, elle doit avoir une raison d’exister.

Aucune réglementation ne limite la coopération culturelle avec nos voisins, sinon l’absence de volonté réelle, la barrière perméable de la langue. Or, l’apprentissage mutuel des langues est précisément un domaine essentiel de coopération possible. Les moyens de communication modernes permettent de surmonter l’obstacle géographique. Avec Internet, il n’y a plus d’îles.


Une vice présidence à la solidarité caribéenne

L’enjeu essentiel de la coopération de la Guadeloupe avec ses voisins n’est pas de remplacer l’Etat français dans ses relations avec les Etats caribéens. La proximité géographique ne nous donne pas plus de légitimité pour parler des questions agricoles, de médicaments ou de coopération en matière aéronautique avec eux que d’autres régions européennes.

En revanche, le domaine de la solidarité intra caribéenne n’exige pas d’entrer en concurrence avec la France. C’est le domaine de la coopération décentralisée dans lequel nous n’avons pas été suffisamment actifs.

Créer une vice présidence chargée de la coopération et de la solidarité avec la Caraïbe sera le signe d’une volonté portée par une ambition. Alors qu’en matière économique nous sommes surtout concurrents, la solidarité est un domaine où nous sommes complémentaires avec beaucoup de nos voisins.


Initier un « Plan Orsec » caribéen


L’organisation des secours fait partie des domaines délaissés de la coopération entre les Etats au profit le plus souvent des organisations non gouvernementales. L’initiative de la Guadeloupe peut se situer à l’articulation des deux. D’une part, en tant que partie de l’Etat, la Guadeloupe peut être la base avancée de la France en Caraïbe dans le domaine des secours d’urgence, et d’autre part, en tant que collectivité humaine caribéenne, elle peut s’appuyer sur le réseau de solidarité qui échappe à l’autorité des Etats, Secours catholique, Croix rouge, Médecins sans frontières, etc.

Pour éviter d’être totalement tributaire de la solidarité internationale qui se mobilise plus volontiers pour les catastrophes d’envergure mondiale, les petits Etats de la Caraïbe ont intérêt à ce qu’il existe un tel dispositif dont le principe consiste à sortir nos voisins, qui ne bénéficient pas comme nous d’une solidarité nationale d’un Etat européen riche, de la dépendance totale à l’égard de l’aide internationale. Nous avons l’exemple de l’île de Montserrat pour illustrer cet intérêt, voire la nécessité urgente d’une organisation collective à l’échelle des petits Etats insulaires qui sont nos voisins.


Programme « Une île, une école ».


Il s’agit d’instaurer un programme de construction d’écoles dans le cadre de la coopération inter caraïbe, à l’initiative de la Région Guadeloupe. Le principe consiste à rassembler les crédits nécessaires, dans le cadre d’un partenariat public-privé pour la construction d’une école au moins chaque année, dans une île de la Caraïbe où les besoins ne sont pas satisfaits. La Région choisirait une entreprise guadeloupéenne qui serait chargée d’encadrer la construction, ce qui lui offrirait l’occasion de montrer son savoir faire. Les plans seraient réalisés en collaboration par un cabinet d’architecte guadeloupéen et d’un cabinet du pays d’accueil. Le recrutement des ouvriers se ferait sur place, de même que l’achat de matériaux. Des jeunes en formation professionnelle dans les métiers de la construction pourraient effectuer un stage pratique dans ce cadre. Enfin, les nouveaux bacheliers pourraient, durant la période des vacances scolaires, mettre à profit ces projets, pour faire un stage d’immersion, à la fois dans le monde du travail et dans un pays de la Caraïbe.


Développer la coopération avec nos voisins immédiats


Il convient de privilégier et d’intensifier les échanges avec nos voisins les plus proches, au delà des rencontres entre élus et représentants étrangers. Peut-on parler de notre sentiment caribéen si nos échanges se limitent à un exercice de solidarité après un cyclone, d’ailleurs porté par des associations. L’élan de générosité des occidentaux vis-à-vis des populations touchées par le tsunami de 2005 n’était porté par aucun sentiment d’appartenance à l’Asie du sud est.


Développer la coopération au sud, avec les voisins de la Martinique,


Nous devons nous appuyer sur les autres DFA et nous associer au maximum aux échanges bilatéraux qu’ils promeuvent. Si nous prenons l’initiative adéquate, nous pouvons, par exemple, bénéficier de la proximité de la Martinique avec Sainte-Lucie et toutes les îles du sud de l’arc antillais jusqu’à Trinidad.


prendre sa place dans le plan décennal de reconstruction d’Haïti. Un programme bilatéral d’action doit être mis en place avec l’Etat haïtien. Il doit comporter un volet interne et un volet externe.

A la demande de la Région, l’Etat doit décider un moratoire de 10 ans sur les expulsions, en faveur des Haïtiens en situation irrégulière, présents sur notre territoire au 1er janvier 2010. Ils doivent en outre bénéficier d’une autorisation exceptionnelle de travail, afin d’aider leurs compatriotes. En contre partie, un plan spécifique d’aide au retour sera mis en place progressivement.

La Région consacrera un effort financier particulier à la reconstruction des lycées détruits par le séisme. Au besoin, des enseignants guadeloupéens seront détachés à Haïti, dans le cadre d’un accord tripartite Haïti-France-Guadeloupe.

 

Publié dans Les régionales

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LATOUCHE 01/03/2010 00:42


je ne suis pas contre que la guadeloupe aide le peuple haitien mais je souhaite que la guadeloupe s'organis d'abord parceque nos enfants et petis enfants guadeloupéens ne savent même pas queles son
leur devenir et avenir demain dans ce département français,jepense qu'il faut s'organiser d'abord pour aider les autres ensuite.


Alain Lesueur 02/03/2010 17:32


C'est vrai que dans le mouvement de solidarité envers Haïti, il y avait des actions moins désintéressées que d'autres. La solidarité, c'est facile... avec l'argent du contribuable. Et la publicité
nomminative montre que certains manquent de pudeur.