Mon parcours

Publié le par Alain Lesueur


Né à Sainte-Rose au début des années 50, mon parcours, un peu atypique, m’a appris à tirer parti des opportunités et à résister aux vents contraires afin de surmonter les obstacles. Footballeur, puis « intellectuel », telles sont par exemple deux images, deux étapes de ma vie, vraies, même si elles sont évidemment très réductrices, l’une comme l’autre.


Mon parcours peu conventionnel, déroute souvent, même ceux qui croient me connaître. Leur vision est différente selon les circonstances, selon le rôle social dans lequel ils m’ont connu. Ils sont nombreux, ceux qui aujourd’hui me qualifient d’intellectuel. Ils se réfèrent à mes écrits publics, particulièrement dans la presse, ou à des interventions dans l’audiovisuel. Or, il se trouve que ni l’écriture, ni le journalisme ne sont mon métier, mais davantage un loisir. Je suis plus un praticien, voire un autodidacte

Quelques uns voient en moi, ou se rappellent le sportif. J’ai en effet eu l’honneur de porter le maillot de l’équipe de la Guadeloupe dans les années 70, appelé par le conseiller technique de football de l’époque, le regretté Jean Mathurin. Surclassé pour jouer avec l’équipe senior dès l’âge de 16 ans, alors que j’étais en catégorie cadet, j’ai été le meneur de jeu de la première équipe de Sainte-Rose qui accéda à la division d’honneur la plus haute marche du football local. J’ai été contacté pour des essais dans des clubs professionnels. Je ne m’y suis jamais rendu. La première raison est que mon goût pour le football, venu de notre frère aîné, Angelin qui a ouvert la voie, était en grande partie liée au fait de pratiquer avec mes amis d’enfance, ceux que je côtoyais depuis toujours, à l’école et en dehors. La seconde est que le football ne correspondait pas à l’idée que je me faisais d’un métier. Il est vrai qu’à l’époque, les salaires n’avaient pas la dimension déraisonnable d’aujourd’hui, qui peut conduire n’importe quel jeune à pratiquer un métier qu’il n’aime pas. Pour moi, le football était un loisir, et l’essentiel était ailleurs.

Issu d’une famille nombreuse, ni mon père, ni ma mère, n’ont eu la chance d’aller à l’école. Ni l’un ni l’autre n’a jamais su lire sans peine. Toutefois, alors qu’ils n’étaient ni riches, ni lettrés, ni portés sur la religion, ils nous ont inculqué des valeurs morales, par leur exemple personnel d’ardeur au travail, par la droiture exigeante de leur comportement quotidien et une certaine dose de générosité à l’égard des autres.

Ayant quitté volontairement l’école en classe de première pour partir au service militaire, j’ai eu mon école de la deuxième chance, lorsque je suis entré à la sécurité sociale en 1972. Alors que j’avais été recruté au plus bas niveau, sans diplôme, treize ans plus tard, après avoir été le premier agent de caisse de Guadeloupe à réussir au concours d’entrée à l’école qui forme les agents de direction, j’étais nommé directeur de la Caisse d’Allocations Familiales de Guyane.

Après 17 ans à la Sécurité sociale, j’ai décidé de relever de nouveaux défis. Après un passage à la Préfecture de la Guadeloupe pour mettre en place le revenu minimum d’insertion (RMI), j’ai été admis à la préparation au concours d’entrée à l’Ecole Nationale d’administration. Si j’ai quelque fierté à avoir aujourd’hui la qualité d’ancien élève de l’ENA, c’est en raison de ce que cela représente en terme de retour sur investissement pour mes parents, notamment pour mon père, marin pêcheur mort à 75 ans, dont son médecin disait que « son organisme avait été prématurément usé » par le labeur. Ma seconde source de fierté est de savoir qu’un de mes neveux, issu comme moi d’une famille modeste, se trouve à Paris puisqu’il vient d’être admis à son tour à suivre la préparation au concours d’entrée à l’ENA. Cela compense largement les sarcasmes de ceux qui font croire aux jeunes qu’être ancien élève de l’ENA est une indignité.

Deux énarques, sortis d’une commune rurale déshéritée, située à 7000 kilomètres de Paris, ce sera la plus belle démonstration que la volonté peut mener loin, en dépit de nos handicaps.

En 35 ans d’activité professionnelle, j’ai eu le temps de cultiver plusieurs choses. D’abord le sens du service public et de l’intérêt général. Ensuite, une connaissance de la société, de ses mécanismes de fonctionnement et des dispositifs juridiques et organisationnels mis en place pour accompagner son évolution. En troisième lieu, une capacité d’analyse qui peut permettre d’appréhender le futur, et les évolutions prévisibles. Enfin, la part de créativité qu’il faut pour imaginer des solutions, de préférence avant que les problèmes aient atteint le paroxysme et avant qu’ils n’entraînent des effets néfastes irréversibles. Diriger, c’est prévoir.


C’est au terme de ce parcours, la somme des expériences acquises, qui me permet d’envisager de me mettre au service de la population, au niveau local, que ce soit à l’échelon communal, départemental ou régional.


Je suis un élu communal, mieux informé et mieux formé que beaucoup. J’en tire l’exigence d’un supplément d’obligation vis-à-vis de ceux qui m’ont désigné.


J’aspire à être un élu régional car je pense posséder la volonté, la somme de compétence et d’expérience qui est nécessaire.


Mon cv professionnel en atteste.


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Annilou et Cécilou 07/02/2010 11:46


Cher Tonton,

Loin de la famille, nous sommes très heureuses de te lire car nous mesurons actuellement, les sacrifices que l'on doit faire et la volonté qu'il faut réussir. Et pourtant, les choses semblent bien
plus faciles pour nous qu'elles ne l'ont été pour toi compte tenu des difficultés de l'époque.

Ta présence dans cette campagne est une chance pour la jeunesse qui désespère. Nous espérons que beaucoup, comme nous, liront ton parcours et comprendront les raisons de ton engagement.

Historique! Dans quelques jours nous aurons 18 ans et pour la première fois de notre vie, nous allons voter. Cependant, un dilemme cornélien nous tiraille. Nous hésitons encore entre Alain LESUEUR
et ...Guadeloupe Demain, que nous conseilles-tu?

Les jumelles, Anne-Laure et Cécilia


Alain Lesueur 07/02/2010 15:58


Anilou? Cécilou. C'est seulement l'ordre alphabétique qui me permet de faire un classement dans mon coeur pour vous nommer. Vous n'êtes pas loin de la famille. Cette famille, la nôtre, les
kilomètres ne la séparent pas. Au contraire, elle en sort renforcée, car elle fonctionne selon des liens immatériels. Vous vous trompez, ou plutôt vous cherchez à me faire plaisir. Si vous êtes
loin, là où vous êtes, c'est précisément parce que vos parents vous ont été à comprendre, enfants, ce que j'ai compris seulement après l'adolescence, quasiment à l'âge adulte. C'est qu'un homme,
une femme se fabrique, puis s'auto fabrique, jour après jour, du premier au dernier. A ce stade, vous avez déjà réussi votre vie, de ce point de vue. Le reste ne peut être que la conséquence
heureuse de cette prise de conscience. Toutes les époques ont leurs facilités et leurs difficultés. Ce qui fait la différence est invariable, la valeur que chaque individu a en lui et qu'il décide
d'exploiter ou non, positivement ou non. Dans n'importe quel siècle, Martin Luther King ou MAndela auraient émergé. En revanche, la difficulté de leur temps n'a fait que les aider à s'affirmer et à
être reconnus pour ce qu'ils étaient potentiellement. Ce n'est peut-être pas seulement un hasard si ces événements électoraux, en apparence anodins, se situent dans cette période de crise. C'est un
appel. A chacun de l'entendre à son niveau et d'y répondre à sa manière. Les jeunes qui liront mon parcours peuvent s'en inspirer, mais ils doivent surtout regarder autour d'eux, d'autres
jeunes comme eux, comme vous. Votre exemple, plus contemporain, au moins aussi méritant, est plus pertinent. Car à votre âge, j'étais loin d'être arrivé à votre niveau d'excellence dans les domaine
que chacune a choisi. Ce n'est pas de la prétention que d'aspirer, à votre âge, d'inspirer ceux de votre âge et ceux qui poussent. C'est une saine ambition auto stimulante. Votre talent, vous
l'avez cultivé. Les fruits sont beaux.
Je sais que vous n'avez pas besoin de mon conseil et que vous saurez faire le bon choix entre Alain Lesueur et Guadeloupe Demain, sans déclamer "Etre ou ne pas être" avec un crâne à la main, ni
passer pa r la démonstration de la théorie de la relativité d'Albert E., l'homme qui fait la grimace. En revanche, ce que je peux vous dire, c'est ma fierté d'être candidat au moment où vous allez
inaugurer votre carte d'électrice. Je suis démocrate et heureux qu'à un homme ou une femme corresponde une voix. Mais vous comprendrez que pour une fois, il ya deux voix qui dans mon coeur pèseront
de deux poids, deux mesures.  Vous provez une chose fondamentale que seules des jumelles peuvent illustrer avec cette clarté. On peut être jumelles et dissemblables, tout en étant d'une égale
excellence. C'est pourquoi je ne vous aime pas seulement... je vous admire.


MURAT 19/01/2010 04:04


Age de 55 ans je fais partie de cette classe silencieuse qui observe ce qui se passe;si je commence aujourd'hui de sortir de ma réserve c'est que j'estime que le moment est trés grave; toutes les
valeurs de notre sociétes se sont envolées;de mos hommes politiques je comprends qu'ils vous matraquent car vous ne faites pas partie de leur caste; Ne pas étre médecin, ni enseignant ou avocat et
vouloir prendre unjjour leur place, quel crime de lése majesté; Pour eux vous n'étes qu'un simple gestionnaire administratif quel que soit votre compétence, ces messieurs ne veulent pas comprendre
que la chose publique , une mairie, une collesctivite de nos jours doit étre gérée en bon pére de famille; je vous souhaite bon courage car vouloir changer un état d'esprit,faire prendre conscience
à chacun qu'on ne peut toujours reprendre les mémes et recommencer ne sera pas facile.


Nadine ETENNA 19/01/2010 02:30


Vous êtes humble et c'est tout à votre honneur. Mais sachez que même à votre niveau vous êtes digne d'admiration. Mon supérieur Mr

Fred MELFORT m'a donnée vos coordonnées et m'a permis de vous dévoiler son identité. J'attends avec impatience de participer à vos réunions ; Mr MELFORT m'a promis de m'y inviter. Merci et à
bientôt. Je n'hésiterai pas à vous aborder si vous me le permettez bien sûr!


Alain Lesueur 19/01/2010 17:01


Chère Nadine. N'hésitez surtout pas à me faire signe si nous nous croisons par hasard. Autrement, je sais pouvoir compter sur Fred pour que nous puissons discuter très prochainement.


florian 15/01/2010 10:57


Respect, big respect à vous monsieur LESUEUR. Les Guadeloupéens gagneraient à mieux vous vous connaître!


Alain Lesueur 15/01/2010 21:00


Merci Florian. Ce que je veux expliquer, c'est qu'avec de la volonté, nous aussi "we can". AL


Nadine ETENNA 15/01/2010 03:08


je vous admire !!!!! quand nos compatriotes comprendront-ils qu'il existe des hommes compétents de bonne volonté qui veulent construire une guadeloupe digne et vraie pour TOUS et AVEC TOUS !!!!!


Alain Lesueur 15/01/2010 21:11


Chère Nadine. Je pense que pour mériter l'admiration, il faut se rapprocher de gens comme Gandhi, Martin Luther King ou Nelson Mandela. Quand on les regarde, on se sent trop petit pour mériter plus
que le respect mutuel que chaque individu doit à l'autre. Cela dit, je serais hypocrite de nier que votre aimable commentaire flatte mon ego et m'est précieux à titre d'encouragement. Moi, je fais
le pari que tout le monde est intelligent, quand certains croient détenir unmonopole. Mille fois merci.