Mon ami Gilbert

Publié le par Alain Lesueur

 09-03-02-douillet-montagne-bertrand.jpgMon ami Gilbert, qui sévit sur RFO, par la grâce de feu Frédéric Jalton dont il fut le collaborateur, beaucoup plus que par un mérite et un talent si précieux qu'il ne les montre pas, sans doute pour les avoir mis dans un coffre à la banque, s'en prend à moi et croit intelligent de moquer ma personne et ma candidature. D'abord, je suis confondu car je n'aurais jamais pensé que l'ignorance de Gilbert puisse atteindre cette profondeur abyssale. Le CSA ne permet à aucun journaliste de se moquer d'un candidat dans une session d'information. Gilbert confond. Il n'est pas dialoguiste des Guignols de l'info de Canal +. C'est lui qui est un guignol, avec un g aussi minuscule que son QI, en matière d'information. Ensuite, je ne reconnais pas le Gilbert qui s'aplatit respectueusement devant moi, lorsqu'il nous arrive de nous rencontrer, et qui me prend volontiers à témoin pour déplorer « ces élus médiocres », sans idée, sans projet, sans compétence, tel Ary Chalus, mais avec qui il faut bien faire semblant parce qu'ils paient bien pour des prestations insignifiantes, pour peu qu'on leur fasse un peu de propagande . C'est pourtant le même Gilbert qui n'a jamais parlé de ma candidature, à plus forte raison pour critiquer mon programme, qu'il n'a sans doute pas fait l'effort de lire, mais qui se prend pour un arbitre des élégances en critiquant mon look et par avance, mes affiches, dont j'ignore moi-même à ce jour à quoi elle ressembleront, sinon qu'elles seront conformes à ce que prévoit la loi. Je préfère de loin avoir un look personnel, qu'être fagoté comme un plouc, sous prétexte d'être comme tous les ploucs de son acabit. Mon ami Gilbert me présente comme chroniqueur dans un magazine de télévision. Trois choses. Moi au moins, cela veut dire que je ne suis pas illettré, que je sais écrire. Rien n'est moins certain quand votre travail consiste à dire des dépêches qui arrivent toutes rédigées de l'agence France Presse ou encore du service communication de la Région, ou de la commune de Baie-Mahault. Deuxio. Gilbert n'a pas besoin de lire mon curriculum vitae. Il le connaît par cœur. Il sait que j'ai 30 ans de management des services publics et lui, 30 ans à ânonner à la radio. Ce n'est pas en prenant un accent comme si on n'était pas Guadeloupéen que l'on peut faire illusion. Le critère de qualité est plutôt le respect de la syntaxe, sans parler de phrase construite comme une maison en coups de main et dont on oublie de mettre l'escalier qui mène à l'étage, comme on oublie le verbe. Gilbert sait donc que je ne suis pas journaliste, ni chroniqueur, même si dans le plus mauvais de mes articles, il y a plus de culture que dans toute sa carrière radiophonique. Enfin, le comble de l'inintelligence, de la balle tirée dans son propre pied, c'est que c'est pour me rabaisser croit-il, y compris à ses propres yeux, Gilbert m'affuble du titre de chroniqueur. Pour lui, le journaliste est une sorte de va nu pied, pas sérieux pour un sou, pas assez en tout cas pour être candidat à une élection régionale. Gilbert hait les journalistes comme il se hait lui-même. Car il sait que leur comportement, il est bien placé pour le savoir, alimentaire, velléitaire, ne mérite pas le respect de la population. Non Gilbert, je n'ai jamais souhaité être journaliste. Je n'écris pas pour l'argent. Si je voulais de l'argent, j'écrirais des chansons de zouk sans sens. J'écris par plaisir. Le mien, que j'essaie de faire partager au lecteur. Tu parles comme on fait un pensum, en pensant à la paie avant la fin du mois. Plus vite tu as fini, mieux c'est pour toi. J'écris pour l'esthétique. Tu parles comme un tâcheron. J'écris pour progresser moi-même et partager une connaissance avec celui qui lit, pour confronter mon avis et mon expérience aux siens. Je n'écris pas pour « passer à la télé, ni à la radio » et ensuite aller me pavaner, accoudé au bar d'une boite de nuit, comme beaucoup trop de quadra et de quinqua qui ont oublié de grandir depuis la sortie du collège. Pour tout dire, Gilbert, je trouve ta sortie de lundi aussi pitoyable que ton incapacité à faire le minimum syndical du travail journalistique. A tes yeux, je suis sans doute moins recommandable et moins respectable que les députés qui pissent dans les avions en dehors des toilettes lorsqu'ils sont saouls. A quoi te sert-il d'avoir 20 ou 30 ans de « journalisme » si c'est seulement pour applaudir les positions politiques acrobatiques dont est capable le couple Lurel Carabin, qui ne dépareraient pas dans le Kamasoutra. Quand as-tu pris un quart d'heure pour préparer la campagne électorale en examinant le bilan de la Région? A quoi sert-il d'avoir tant d'expérience si c'est pour ignorer l'alphabet du code électoral ou croire que le CSA est un club de football ansois. Mais le pire Gilbert, c'est que si tu déconnes, tu ne détonnes même pas à RFO. Au contraire, je suis certain que tes confrères et collègues feront corps avec toi. On l'a vu lors du mouvement social. RFO est un enclos où on regarde passer les trains, en décrivant la couleur des wagons. Où va le train, avec qui, vers qui ? Reviendra-t-il? Tout cela est d'un insondable mystère que les braves ruminantes ruminent. Le problème Gilbert, c'est que ce train fou qui file, c'est la Guadeloupe... que les vaches regardent passer. Qui sont les vaches ? Devine!
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Publié dans Léger mais réel

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