Merci

Publié le par Alain Lesueur

 L'élection régionale est terminée. La Guadeloupe n'a pas changé. Viendra le temps des bilans de campagne. Viendra le temps de prise de conscience, des prises de tête et des bilans de conscience. L'heure est aux remerciements. Aux électeurs, aux colistiers, aux sympathisants.

Chers colistière et colistier, chers sympathisante et sympathisant,

 Ma plus grande urgence est de remercier chacune et chacun, à la fois pour la confiance qui m’a été témoignée à l’occasion de ce scrutin, et pour l’engagement et l’ardeur que tous ont mis à défendre les idées que nous proposions au peuple de la Guadeloupe. Nous sommes des agriculteurs de la politique. Ce que nous plantons, ce sont des arbres fruitiers. Ils sont appelés à durer, mais il leur faut le temps de pousser. Et un peu plus pour porter les premières fleurs. Ce n’est qu’après que peuvent enfin venir les fruits.

Le résultat du scrutin de dimanche dernier paraît décourageant. Je savais qu’il pouvait l’être en entreprenant la tâche. Nous pourrions même penser ce résultat injuste. Nous avons choisi un domaine dans lequel l’électeur a toujours raison, même lorsqu’il ne dispose pas de tous les éléments de décision pour faire le meilleur choix.

Face à une adversité qui paraît insurmontable, mais ne l’est pas, il nous faut humilité et patience. Humilité pour accepter que les événements nous donnent tort, alors que nous sommes persuadés d’aller dans le sens de l’avenir, voire de l’histoire. Et précisément, si nous sommes persuadés d’être dans le vrai, alors il suffit simplement d’être patients. Et poursuivre notre mission sans nous laisser distraire par une difficulté momentanée.

Personnellement, j’admets que ma patience puisse aller jusqu’à ne jamais bénéficier moi-même du fruit de ce que nous entreprenons ensemble. Je n’écarte pas la possibilité de ne jamais accéder à une fonction politique exécutive. Ce qui importe, plus que tout mandat, c’est de rester fidèle aux principes qui m’ont amené à m’engager en politique. Je reste persuadé que même ceux qui parfois, ont souhaité que nous fassions un choix non conforme à nos valeurs, pour réussir électoralement, s’apercevraient qu’ils ont renoncé au fondement de leur engagement. Ils ne me suivraient pas dans une démarche qui n’aurait d’intérêt que pour moi, pas pour ceux que nous aspirons à représenter.

Mais comment continuer à œuvrer pour défendre ceux qui ne veulent pas vous donner les moyens de les défendre. C’est précisément ce qui pour moi, fait la grandeur de la politique. J’ai décidé de continuer à défendre précisément ceux qui n’ont pas voté pour nous, car le critère de mon choix n’est pas leur vote, mais leurs besoins. Je défends ceux qui ont besoin d’être défendus, même si les conditions ne sont pas remplies pour qu’ils perçoivent où est l’intérêt général de la Guadeloupe, où est l’intérêt collectif, ni même où est véritablement leur intérêt particulier, à moyen, et surtout à long terme.

Avant d’obtenir le Prix Nobel de la paix, Martin Luther King a organisé des marches où il ne fut suivi que par 2000 Noirs américains sur plusieurs millions d’individus. Nul doute qu’il eut lui aussi, au départ, sans doute comme Nelson Mandela, autre Prix Nobel, beaucoup plus de détracteurs que de partisans, y compris parmi ceux que l’un et l’autre défendaient, au sacrifice de leur vie. On connaît la suite…

Ce que nous entreprenons est donc très modeste, au regard de ces hautes références, mais ce que nous avons fait était indispensable. C’est indispensable à la Guadeloupe, mais c’est indispensable d’abord à nous-mêmes. C’est notre devoir, en notre qualité de simple citoyen guadeloupéen. C’est un minimum que nous devions à notre pays.

 

Sainte-Rose, le 15 mars 2010

Alain LESUEUR

Publié dans Les régionales

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Le Tigre 29/03/2010 17:08


Vos collaborateurs devraient mieux vous faire connaître car même dans votre commune, beaucoup ne savent pas qui vous êtes. Votre score aux dernières élections municipales l'atteste. Sinon, comment
JUSTINE peut sortir devant vous? Etre "poulain' de Bazajet le fraudeur ne suffisait pas. Il vous manque des alliances solides ainsi que des informations vers les électeurs.