Lurel va-t-il adopter mon moratoire ?

Publié le par Alain Lesueur

Victorin Lurel a un problème. RSA, RSTA, prime pour l’emploi, etc. il fait campagne depuis des mois sur les idées que j’ai développées dans la presse. Or, ne voilà-t-il pas que je suis candidat à l’élection régional. Patatras ! Pourtant, il avait cru éviter ce scénario catastrophe, en faisant élire un maire de droite à Sainte-Rose, en obligeant la candidate de son parti, arrivée en 4e ou 5e position au premier tour, à se maintenir au second. Grâce à Lurel, qui a trahi la parole qu’il m’avait donnée pour un désistement mutuel, le maire de droite a été réélu avec 40% des voix. Ma présence sur la scène régionale gêne. Et si les électeurs préféraient le discours original à la copie se demande-t-il ? D’où sa crainte de me voir débouler dans la campagne électorale. Les gens vont avoir la version originale, à ses risques et périls. Ainsi, sur le plan institutionnel, pour éviter de passer pour un réactionnaire, lui qui avait changé de camp à la dernière minute, en 2003, passant du oui au non, sans avertir Gillot, a cherché une parade avec son « article 73 renforcé » qu’aucun juriste, qu’aucun universitaire, ne peut définir. Le problème est que, après la déculottée prise par les élus en Martinique et en Guyane, et pour m’avoir entendu prôner un moratoire pour dix ans sur la question institutionnelle, il s’inquiète de savoir s’il ne doit pas m’emboîter le pas une fois de plus. Sauf que cela va finir de se voir si Lurel se fait trop souvent le perroquet de Lesueur. Il lui reste à faire du sampling, c’est-à-dire prendre une partie originale de mes idées et la mixer avec son fond musical sans intérêt, pour donner l’impression de créer un nouveau morceau, ni vu ni connu. Dans cette campagne électorale, on n’est pas au bout des surprises et des révélations.

Publié dans Au jour le jour

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