Lettre au Préfet sur l'eau

Publié le par Alain Lesueur

Alain LESUEUR

Villa Montana

Sofaïa

97115 SAINTE-ROSE

A

 

Monsieur le Préfet de Région

Hôtel de Préfecture

Rue de Lardenoy

BASSE-TERRE

Objet : Eau. Danger sanitaire

 

Monsieur le Préfet,

 

Je vous souhaite la bienvenue en Guadeloupe et je formule des vœux, pour que votre séjour soit fructueux pour les Guadeloupéens, et aussi afin qu’il vous soit profitable, à vous-même et à votre famille.

 

Le pénultième préfet a pris un arrêté en avril 2008 par lequel il mettait en demeure le maire de Sainte-Rose de prendre des mesures significatives pour rendre l’eau distribuée par la Régie communale conforme aux normes sanitaires. Ni la population, ni le conseil municipal n’en ont été informés, en dépit d’une obligation d’affichage inscrite dans la décision préfectorale précitée.

 

Cet arrêté est intervenu après moult recommandations et avertissements puisque ce problème de santé publique est connu de l’Etat, depuis une bonne décennie.

 

Votre prédécesseur a dû signer un arrêté préfectoral le 9 septembre 2009 pour interdire la consommation de l’eau sur la moitié du territoire de la commune. En effet, ainsi que le stipule le dit arrêté, bien qu’informé par lettres du 28 août et 7 septembre 2009, par lesquelles il était alerté du danger, le maire s’était refusé à informer la population, bien qu’environ 10 000 personnes soient concernées.

 

Alors que l’interdiction n’a toujours pas été levée à ce jour, trois mois après publication de l’arrêté, aucune disposition concrète n’a été entreprise, ni pour informer le public de la suite, ni en ce qui concerne l’alimentation en eau de boisson des ménages, en bouteille d’eau de table ou par citerne, pas même pour un fonctionnement sécurisé des écoles et de la restauration scolaire.

 

Pire, dans la seconde quinzaine de novembre, un nouveau courrier préfectoral a informé le maire qu’il fallait interdire à la consommation l’eau produite par une autre unité de production. Là encore, le maire n’a pas laissé filtrer la moindre information à la population, alors que des milliers de personnes sont touchées.

 

Je vous signale enfin que le maire s’est toujours refusé à afficher le résultat des analyses d’eau, à l’exception des eaux de baignade. L’information réglementaire qui doit accompagner les factures d’eau n’est, elle non plus, pas diffusée.

 

Il me semble que nous nous trouvons devant un cas de mise en danger de la vie d’autrui, avec récidive. C’est une circonstance aggravante qu’aucun obstacle ne puisse être invoqué, pour de tenter de justifier ce refus d’informer.

Est-il utile d’ajouter que la Régie communale recèle le vol d’eau, dans la mesure où il est notoire que les branchements sauvages se comptent par centaines, ainsi que les compteurs hors d’usage, impliquant une facturation forfaitaire, et donc illégale. Plus grave encore, le maire n’a jamais pu nier qu’un de ses adjoints bénéficierait d’un branchement illégal au réseau de distribution d’eau, dans une zone d’urbanisation sauvage.

 

Je vous demande donc de bien vouloir m’indiquer les mesures d’urgence que vous allez prendre pour mettre un terme à une affaire qui n’a que trop duré et par laquelle l’Etat ne s’est que trop discrédité, notamment en refusant d’exécuter son propre arrêté, daté du 28 avril 2008, et signé par le Préfet Berthier.

Dans la période de crise sociale que traverse la Guadeloupe, au moment où la grippe H1N1 connaît une progression dans l’hexagone, annonciatrice de risque d’évolution analogue, j’appelle pour la deuxième fois l’attention de l’Etat, responsable de la santé publique des effets désastreux que pourrait avoir, dans une école, une crèche, la conjonction d’affections gastriques associés à la grippe.

Je vous demande par ailleurs de me faire savoir si vous entendez accorder une attention particulière à la vaccination prévue dans le cadre scolaire, pour la commune de Sainte-Rose, victime d’épidémie d’affections du tube digestif.

Ayant reçu, le 11 mai 2009, plusieurs lettres d’attente de la part de vos services, relatives à mes courriers de l’année 2008, vous me pardonnerez d’insister sur l’urgence à agir, s’agissant de santé publique, et donc sur la célérité avec laquelle des réponses rassurantes doivent être apportées à la population.

 

Je vous prie d’agréer, Monsieur le Préfet, l’expression de ma considération distinguée.

Sainte-Rose, le 30 novembre 2009

 

Le conseiller municipal

 

 

Alain LESUEUR

Publié dans Sainte-Rose Demain

Commenter cet article