Le clan des Siciliens

Publié le par Alain Lesueur

BOF-20Le-20clan-20des-20Siciliens.jpg En Guadeloupe, il n’y a pas de partis politiques, il n’y a pas de droite ni de gauche, mais il y a des familles, qui comme en Sicile, se comportent comme des familles maffieuses. Nos avons nos Corleone et nos « Parrains ». Des familles qui se partagent des territoires et des marchés, de même que certaines familles maffieuses font dans les jeux de hasard, d’autres plutôt dans le racket, d’autres encore dans la prostitution. Nos familles politiques sont héréditaires. Les Jalton et les Michaux Chevry pour ne citer que celles là, sont caractéristiques, dans les rapports qu’elles entretiennent entre elles. Elles sont tantôt adversaires, tantôt partenaires, selon les exigences du marché. Cela permet aux deux familles de se maintenir au pouvoir et de perpétuer leur capacité d’influence, au-delà du talent des parrains successifs. Pour certaines familles, la transition est plus difficile. Bernier le petit, a du mal à grandir dans l’ombre de Lucien. Son élocution, qui rappelle pourtant celle de Marlon Brando dans le film de Coppola, est pour lui un handicap. Toribio a hérité d’un parti qu’il a géré comme une start up, mais sans produit. La bulle spéculative de José a cru sur sa faconde, puis a éclaté, faute de fond. On ne citera Flemin et la « dictature héréditaire du prolétariat » que pour l’anecdote. Comment s’étonner dans ce contexte, que l’élection régionale voie beaucoup de maires se comporter en propriétaires de leur mairie, gérer le territoire communal comme celui d’un gang, et considérer les employés comme des sicaires, exécuteurs de leurs basses œuvres. Les maires se comportent comme des chefs de gang, face aux candidats qui réclament des attestations d’inscription sur les listes électorales. Il s’agit d’une attestation de deux lignes pour laquelle les agents communaux sont conduits à se comporter en mercenaires, comme si le maire payait leurs salaires de sa poche. Ce qui mérite cinq minutes devient un marathon. Si vous avez l’intention de faire de la politique en Guadeloupe, ne vous inscrivez pas dans une des 32 communes. Préférez vous inscrire dans une commune de France hexagonale. Lorsque vous aurez besoin de votre attestation d’inscription sur la liste électorale, ce sera « simple comme un coup de fil ». Il vous suffira d’appeler la mairie et vous recevrez votre attestation. A Sainte-Rose, il fallait deux jours pour obtenir une attestation. Comme souvent, le maire a fini par exécuter ma recommandation insistante pour que le document soit délivré le jour de la demande. Dans beaucoup de communes, jusqu’au bout, il faudra attendre 24 heures. Dans la bonne ville de Baie-Mahault, on cachait l’élu chargé de signer l’attestation, et il sortait de sa boite lorsque le demandeur se faisait trop insistant, trop informé de ses droits. Aux Abymes, il fallu trois déplacements sur deux jours. A Pointe-à-Pitre, de même, car le maire emportait le parapheur à la maison, sans doute pour l’étudier dans son cabinet… de toilette. Mais la palme d’or du festival revient à Goyave. Non content de réclamer une demande écrite le lundi pour refuser de délivrer l’attestation, le mardi, faute de signataire, pas d’attestation non plus. Pas plus que mercredi ou jeudi. En mairie, lorsque vous avez affaire à un idiot, une fois sur deux quand vous demandez le cadre, vous avez affaire à un triple idiot. Le mercredi, le responsable du service s’est illustré en ayant une attitude d’impolitesse, de despote propriétaire d’attestations, qu’elle ne délivrerait que si elle le voulait bien et quand elle voudra. Dernier jour et dernière tentative possible aujourd’hui vendredi. Entre temps, le Préfet est intervenu, a tapé du poing sur la table, regrettant d’avoir été trop tardivement informé de ces faits. Il faut en effet rappeler que les maires interviennent dans le processus électoral pour le compte de l’Etat, et non sur une délégation du conseil municipal. Les maires doivent donc exécuter à la lettre les textes en la matière, à la lettre, à commencer par les arrêtés préfectoraux pris pour l’élection. A signaler le cas des communes où la situation fut normale, dont Lamentin et Petit-Bourg, entre autres. Dans ce festival d’horreur de la démocratie, je n’évoque même pas le cas où des personnes réclamant une attestation, étaient renvoyées au lendemain, mais avaient la surprise de voir débarquer à leur domicile, le soir même, le maire et le candidat qu’il soutient. Cela a des relents de Statsi, de KBG, voire de Gestapo. Et de trahison du secret professionnel. Le clan des Siciliens a peur, car il sent que la population pourrait opérer une « opération mains propres ». Aujourd’hui, s’il y a un titre d’ouvrage qui caractérise l’action de beaucoup d’élus de ce pays, c’est celui de Jean-Paul Sartre : « Les mains sales »

Publié dans Journal de campagne

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THEOMETHIS 13/02/2010 18:55


Cher Alain , Cela fait plus de 30 ans que je suis dans une forme de verticalité citoyenne face a un personnel politique pervers...J'ai participer à des réunions de réflexion préalables a la
création d'objectif guadeloupe, avec Espiand de la CCI,avec josé Vatin , avec Aramis Arbau...C'est dire que j'ai une expérience de ces démocrates ripolinés capables des pires crimes pour parvenir a
leur objectif.

J'aurais pu etre un élu, si j'avais dérogé aux principes enseignes par mes parents...tel que :bonne renommée vaut... ou Pa pren dlo mousach...
Aujourd'hui a plus de 50 ans , j'ai fais le choix de la poesie, de l'humour,des coups de gueule pour maintenir la flamme d'un autre possible en politique...Si je vous dis que je vous observe, je
vous écoute et que cela me fait esperer, me croirez-vous?


Alain Lesueur 14/02/2010 00:39


Cher Théométhis. Avec un nom qui renvoie à la sagesse de l'Egypte des pharaons, je comprends qu'un certain découragement ait pu te conduire à prendre de la distance. Ce sont les mêmes raisons qui
m'ont conduit à m'impliqiuer dans ce combat ardu. Aujourd'hui, en voyant ce qui s'est passé depuis ma décision, en particulier au cours des dernières semaines, je bénis l'inspiration qui m'a amené
à m'engager. Sinon, je regretterais de voir ce spectacle affligeant sans rien pouvoir faire. Je suis serein, certain de faire ce qu'il était nécessaire que quelqu'un fasse. Merci de tes
appréciations encourageantes.


l'archipélien 13/02/2010 12:50


L comme laxisme

M comme magouille

C comme corruption...


L'avenir politique de gwada a les pieds dans ce genre de fumier

Voyez La comtesse Bourelle de la Penchardiese

Voyez DUDU le vert luisant qui tue et vous aurez la teneur en PH(politique haineuse) des 20 ans a venir


Alain Lesueur 13/02/2010 18:30


Cher Archipélien. Ces gens là n'ont que la force que nous leur accordons, la puissance de notre laisser faire et la gloire factice due à notre indifférence face à l'insignifiance de faits et
gestes qu'ils prennent pour de la politique. Et ils sont persuadés d'être dans le vrai, parce qu'à proposer tous les même image, ils s'imaginent qu'ils représentent la vraie nature de la
Guadeloupe, alors qu'ils ne sont, comme dans les Guignols de Canal Plus, que la caricature d'eux-mêmes. Archipéliens nous sommes, Archipéliens nous mourrons. Nous sommes entourés d'eau. Alors
jetons-nous à l'eau. Et jetons les dehors. Pour LMC, c'est trop tard. Pour Penchard, ce n'est pas le lieu. Sa mère lui a dit que laRégion faisait partie du patrimoine familial, et qu'elle ne
hériterait pour le dilapider du haut de sa compétence elle aussi transmise par maman? Si elle avait un once d'amour propre et de qualité, elle le montrerait en faisant de la politique, sur son nom,
là elle est légitime et a tout à prouver, en banlieue parisienne. Je suis un Républicain. Je l'ai hérité de mes ancêtres depuis 1789. Et ça, c'est un héritage qui exclut les héritages
politiques.


DJ 13/02/2010 11:21


Vous dénoncez là le véritable cancer de la Guadeloupe.


Alain Lesueur 13/02/2010 18:47


Cher DJ. Alors si c'est un cancer, nous ne pouvons pas nous contenter de passer un onguent. Il faut impérativement opérer, faire l'ablation des organes atteints qui risquent de gangréner le reste
du corps. Le 14, pas de quartier. On doit voter au bazooka.