Le chat a été adopté

Publié le par Alain Lesueur

La Guyane et la Martinique ont adopté le fameux « chat en sac » qui fit tant polémique. Il va maintenant falloir attendre pour savoir si les deux régions seront des chats siamois, ou si l’Amazonie choisira le chat tigre. Devinez qui est le chat botté ?

L’évolution institutionnelle de l’outre mer est un système de poupées gigognes. Chaque étape ne donne qu’une image fugace d’une réalité sans cesse renouvelée. Après la consultation, les Martiniquais et les Guyanais ne sont pas loin de se trouver dans la situation décrite pas Jean Gabin à la fin d’un des rares occasions où on l’a vu chanteur : Tout ce que je sais, disait-il, c’est que je ne sais rien ». Comment va fonctionner l’assemblée unique ? Dieu, qui comme chacun sait, habite l’Elysée, seul le sait. Et pour l’instant, il n’ pas été bavard sur ce point. Mais il y a plus grave encore. Paris s’est félicité du choix. Je croyais que Paris était neutre et attendait sagement la décision locale. Je serais Martiniquais ou Guyanais, je commencerais à me demander pourquoi Paris est si content. Et d’abord, est-il content pour nous, ou pour lui ? Sarkozy n’est-il pas en train de nous jouer le Chat botté. Ce chat qui va, par la ruse, permettre à son maître de tromper l’ogre et les paysans pour faire en sorte que son maître épouse la fille du Roi. Sauf que c’est Marie-Luce qui joue le rôle pour Sarko. Cette satisfaction parisienne est d’autant plus suspecte que ce résultat est plus que sujet à caution. Chirac avait dit qu’un oui ne l’engagerait pas, si la participation était insuffisante. Elle l’est à Cayenne, elle l’est à Fort de France. On ne change pas le destin d’un pays, à la demande de 68,3% des 35,78% qui ont voté, soit moins d’un Martiniquais sur quatre, et moins d’un Guyanais sur six. Pour une simple copropriété immobilière, on ne change rien d’important, on n’effectue pas de gros travaux, pas même avec une majorité simple de 50% des tantièmes. Il faut une majorité des 2/3 soit 66,66% au moins pour faire des travaux entraînant des transformations. A raison de 15 à 20%, on peut faire de grosses transformations des structures mêmes des deux régions. Ce vote et ses suites vont suffire à faire de la Martinique et de la Guyane des objets juridiques de moins importance, avec moins de sécurité juridique qu’un simple studio dans un immeuble.

Moralité : Martiniquais et Guyanais semblent se comporter en locataires de leur pays, pas en propriétaires, ni même en usufruitiers chargés de transmettre un patrimoine. Ils sont allés à la pêche dimanche. Ils ont peut être ramené une bécune à la ciguatera. Sincèrement, aujourd’hui, je préfère de loin, être dans ma situation de Guadeloupéen. Une fois n’est pas coutume.

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roger 28/01/2010 11:54


Je pense qu'avec ces résultats on va nous laisser tranquille pour construire notre pays dans un espace sécurisé. Quand nos élus auront fait la preuve de leur capacité à gérer autrement qu'en étant
sous tutelle de la chambre régionale des comptes, à ce moment là on pourra passer à plus de resposabilité.


Alain Lesueur 28/01/2010 14:42


Mon cher Roger. Voilà qui est raisonné simplement et de manière cohérente. Les élus en place jouent sur l'ambiguité du français. Ils veulent plus de pouvoir, et ils disent plus de
responsabilité. Plus de pouvoir, mais avec par exemple un statut où la Chambre régionale des comptes n'interviendrait plus. Donc moins de possibilité de mettre en cause leur énorme responsabilité
dans la situation de crise guadeloupéenne. Mon programme, c'est l'inverse. Il ne faut pas qu'un élu qui plante sa commune soit plus protégé qu'un individu qui plante une société commerciale. Dans
ce second cas, il est condamné à une interdiction de gérer. L'élu lui, est conforté par la population qui prend n'importe qui pour Robin des bois qui distribue l'argent du Roi d'Angleterre. Sauf
qu'en l'occurence, l'argent du Roi en question, c'est celui du contribuable. Bref, c'est le nôtre que l'on prend pour distriber aux copains et aux coquins.