La tragédie guadeloupéenne

Publié le par Alain Lesueur

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La Guadeloupe a peur. Au lendemain de l’élection régionale, passés les flonflons de la fête, je fais le constat que la Guadeloupe a peur. La Guadeloupe a désormais peur de son ombre. La Guadeloupe a peur de son ombre portée. La Guadeloupe a peur de son ombre portée sur l’avenir. Et cet avenir, le peuple clairvoyant, le voit clairement. Et donc il a peur. Et il a des raisons d’avoir peur. Il a raison d’avoir peur.

 

Qu’est-ce qui peut bien effrayer la Guadeloupe ? Ce sont ses proches choix.

 

Après plusieurs décennies de politique au fil de l’eau, la crise sociale a révélé que la vie politique et sociale n’est pas qu’un long fleuve tranquille. Au début de 2009, nous avons connu une chute du Carbet. L’électorat ne s’en est pas remis. Encore sous le choc, il a fait le pari de ne pas lutter contre le courant, de ne pas lutter contre la pente naturelle du terrain. Il a choisi de ne pas ramer à contre courant. Il a choisi de ne pas tenter de rejoindre une berge, en attendant que les eaux des grosses pluies soient passées. Bien que sachant la probabilité qu’il n’y ait pas qu’une chute sur la rivière Carbet, il a décidé de continuer, en ramant pour avancer plus vite vers son destin. Il espère rejoindre la mer sans encombre. Mais la mer est-elle une destination ? La mer est-elle un eTerre promise? La Guadeloupe est-elle la nouvelle Atlantide. Sommes-nous la prochaine cité engloutie.

La Guadeloupe a fait le pari de « passer ou couler ». L’avenir à pile ou face.
Mais le peuple avait-il vraiment le choix ?

 

Quelle alternative lui a-t-on offerte ?

 

La droite guadeloupéenne n’est pas seulement la plus bête du monde. Elle est aussi la plus entêtée. Madame Michaux Chevry a décidé de passer la fin de sa vie à auto détruire sa carrière politique. Vous ne voulez plus de moi ? Eh bien dit-elle, pour vous punir, je vous ferai subir ma fille. Avec une tête de liste pathétique pour être certain de battre le record de la plus cuisante défaite électorale subie par la droite.

Le pauvre Aldo ne pouvait sauver une maison plombée par l’absence de réaction à la crise de 2009 qui caractérise l’action du Gouvernement. Incapable de proposer la moindre mesure qui sorte du cadre des mesures du Comité interministériel, la liste ne comptait que sur l’étiquette « droite » pour sauver les meubles. Le mobilier régional est passé de 12 à 5 unités.

Eric Jalton, en rupture forcée de la gauche, a sans doute pensé qu’en appliquant une recette de cuisine électorale, avec une liste composée de plus d’ingrédients que Lurel, avec du sucré, du salé, de l’aigre, de l’amer, cela suffirait. Le peuple n’attend pas un repas pour un jour. Il veut savoir si  le guide peut ramener du poisson pour tous les jours.

Malgré la bonne volonté des médias pour faire de Jeanny Marc, la tête d’une « grande liste », le verdict des urnes rétablit la vérité d’une présence par défaut, une simple tentative de survie politique.

 

Le peuple a fait le bon choix. Car il n’avait pas le choix.

 

Alors il a protesté mollement. Quelques nostalgiques des temps heureux des défilés prometteurs ont voté Plaisir et renforcé le quota habituel de Nomertin. Mais le peuple malléable des défilés a voté Lurel. En attendant sans doute, le moment venu, de défiler à nouveau Contre Lurel et sa politique.

Le peuple a fait aussi une petite convulsion en votant Cornet. Comme il vota jadis Ibo Simon. Son message est le suivant :" tant qu’à élire des politiques qui n’ont pas de prise sur la réalité, qui se satisfont de percevoir une indemnité, autant élire un Ibo un jour et un Cornet le lendemain". Le vote en faveur de Cornet, sur le terrain, il m'a été annoncé par des grand-mères qui en ont assez de voir leurs petits enfants traîner dans leurs jupes avec leur Bac + 5… et leur ordinateur, ou leur Bac - 5 et leur pistolet. Ce n’est pas un vote jeune porteur d’espoir, c’est un vote de protestation désabusé, en faveur des jeunes sacrifiés. Pas un appel au secours des jeunes eux-mêmes, qui ne se reconnaissent aucunement en Cornet, mais un appel au secours  de leurs parents en faveur des jeunes. S’ils sont dans la réussite, ils le considèrent comme un apprenti politique au discours dépassé et inconsistant. S’ils sont dans l’échec, pour un eux, ceux qu’ils appellent « les bouffons », n’ont pas d’âge. Cornet est un coup politique réussi dont il n’est que l’instrument, la marionnette, et dont l’objectif était de détourner vers une voie de garage sans danger, des voix volontiers contestataires, donc opposées au sortant.

 

Et maintenant ?
Voilà résumée la situation de la Guadeloupe au lendemain d’un scrutin dont la fonction est de faire adopter des réponses.

Nous en avons proposé. Elles n’ont pas été entendues, puisque les médias n’ont cessé de claironner qu’aucun candidat n’en avait. Nos idées n’avaient donc aucune chance d’être choisies.

Les défis de la Guadeloupe sont toujours présents, les problèmes qui  nous ont valu la crise sociale se sont aggravés, par les effets mécaniques de la grève générale, et en raison de la persistance de la crise économique internationale.
Notre projet est sur la table. Nous ne demandons pas de droits d'auteurs. Que la majorité en tire ce qu'elle veut et applique ce qu'elle veut.

Publié dans Les régionales

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claude GUILLIOD 10/04/2010 18:40


très cher Alain,
Une chose est sure: ta candidature a été trop tardive, elle faisait isolé.
Je regrette n'avoir pas été à tes cotés.
Il faut continuer surtout à Ste Rose car il te faut une base!
Au demeurant, il me semble indiqué que tu te rapproches d'un mouvement plus important.
Dans tous les cas je serai à tes cotés pour les prochains combats.(a ce sujet il faudrait d'ores et déjà créer une structure et se préparer). mon tel: 0690 35 10 00
sincèrement,
claude


Alain Lesueur 14/04/2010 20:31



Merci Claude. C'est vrai que le combat était presque perdu d'avance. Mais le caractère tradif est en partie le résultat de l'omerta médiocratique qui va des médias, RFO en tête, jusqu'à
l'Université, qui depuis le LKP a mis son intelligence dans sa poche, juste à côté des 40% de vie chère qui n'incitent pas nos intellectuels au courage de voir les choses en face. Je suis
persuadé que nous aurons l'occasion de faire un bout de chemin ensemble. A bientôt.



aubéry claudine 18/03/2010 21:06


quel dommage our la politique que de voir ces affrontements, ce sans arrêt ;
le cri de Munch est le bienvenu ; je pense que votre équipe a fait du mieux qu'elle pouvait, que vos coéquipiers aussi ;
les gens en ont assez, ne croient plus en la politique, seul l'argent mne ce monde.
Ne baissez surtout pas les bras ! me doute que vous traversez des moments difficiles. la rancoeur n'est pas une bonne solution ; d'abord doit passer l'intérêt de la population.... la majorité de
vos propositions sont bonnes, ne laissez pas tomber votre petite commune (qui je sais n'a pas été à la hauteur des dernières élections)
des temps meilleurs viendront j'en suis sûre
Cmaido,e


Alain Lesueur 20/03/2010 15:29



Merci pour les encouragements.



Le Tigre 16/03/2010 21:14


OUI, pour réussir il faut être accepté et avoir du soutien. Les deux manquent à l'appel d'un manière consistante. On entend surtout les commentaires des détracteurs,des jaloux. Il manque ceux de
vos sympathisants, tous ceux qui croient en vous. Vos collaborateurs restent trop timides.Dans notre système,ceux qui arrivent sont ceux qui savent se vendre intelligemment. Certains s'accaparent
de vos idées pour rafler la mise, pour atteindre les plus hauts sommets.


Alain Lesueur 18/03/2010 17:22



Eh Oui, cher Tigre. Mais sachez que je me réjouirai si les idées que nous avons défendues sont mises en application et améliorent le quotidien de nos concitoyens. Merci mille fois de votre
support pendant toute cette période qui ne fut pas de tout repos.



herissia 16/03/2010 17:28


Toutes mes félicitations, sachez que ce n'est pas un échec, mais une leçon..votre campgne a manqué de dynamisme..soit en votre équipe et en vous même de l'assurance..
n'abandonnez pas, nous espérons que vous reviendrez sur la scène politique ...soyez en sure vous avez les qualités et cette faculté d'être...


Alain Lesueur 16/03/2010 18:14



Merci de vos encouragements. Nous savions pourquoi nous étions à cette élection, indépendamment du résultat électoral. Notre campagne n'a manqué que... d'être relayée comme les autres. Nous avons
été les plus dynamiques sur le terrain, et on me reproche d'avoir trop d'assurance, trop de compétence... Nous avons eu accès au service public du 2 mars... au 2 mars. D'autres, y compris des
"petites listes" ont été vue pendant 3 mois. Il n'y a pas de miracle. Hélas.



konsyansgwada 16/03/2010 07:33


Et si M. Lesueur au final vous n'aviez tout simplement pas le niveau et les compétences pour présider cette Région.
Si la grandeur d'un homme est de savoir reconnaître ses erreurs, alors il faut se rendre à l'évidence,vous n'êtiez surement pas celui qu'il nous fallait pour cette région.
Ce qui est dommage, puisque, je l'avoue, j'avais fondé quelques espoirs en votre candidature pour constituer un adversaire coriace contre ce cher Lurel.
Mais au final, force est de constater que votre arrogance a fait pschitt..
En effet, vous êtes capable de livrer une analyse des raisons de 6 listes (qui, soit dit en passant vous ont toutes devancées ) sans livrer la moindre analyse sur les raisons de votre echec.
A vous lire, c'est comme si le peuple guadeloupéenn était stupide de ne pas avoir cu votre grandeur, ignard de ne pas avoir vu votre culture, idiot de ne pas avoir cru en vos projets...
Mais M. Lesueur la première et principale qualité d'un président est de savoir se vendre, de savoir féderer, de rassembler autour de votre projet.
Ne cherchons pas d'excuses, le boycott réel ou supposé des médias n'y est pour rien, vous n'aviez tout simplement pas le niveau. Ou alors dans ce cas, il faudrait m'expliquer pourquoi une simple
recherche sur internet ne permet pas de retrouver l'ensemble de vos prestations télévisée ou radiophonique, à l'instar d'un Cedrick Cornet par exemple.
Comment expliquer que dans votre propre commune, vous n'obteniez que 404 voix sur plus de 13 000 possibles... C"est autant de signes qui ne trompent pas.
Alors vous me faites pensez à ceux que chez nous l'on dénomme affectueusement les "Gad kokott", ceux qui passent leur temps à faire tout le travail pour que quelqun d'autre viennent en récupérer
les fruits...
C'est malheureusement l'impression qui ressort de cette élection, l'image d'un homme qui a peut être des idées, mais qui ne sait pas les exposer, d'un homme qui a des compétences mais qui ne sait
les exploiter.
J'ose sincèrement espérer que votre amibition n'est pas de rester un simple rédacteur de discours de candidats plus habiles que vous, car cette fois, il faudrait vraiment se rendre à l'évidence,
que ni en étant énarque, ou ancien cadre de l'adminstration, ces derniers soient bien plus intelligents que vous.
Etre énarque c'est bien et vous pouvez en être fier mais ça ne donne aucun doirt à gérer une collectivité térritoriale, il faut le mériter. Désolé de vous decevoir mais n'êtes pas le seul noir à
avoir occuper un poste à responsabilité au sein d'une administration, votre "ami" Domota peut en dire autant, vous semnblez oublier que si être énarque à votre époque était un exploit , aujourd'hui
la donne n'est plus exactement la même.

Donc, je vous laisse méditer sur les raisons de cet échec en espérant que vous garderez en tête cette petite pensée : "l'intélijens natirèl, l'instriktion ka aprann"


Alain Lesueur 21/03/2010 16:57



Chère Madame ou Cher Monsieur,


Quel niveau et quelles compétences faut-il pour présider une Région ? J’avoue ma perplexité dès votre première phrase. Vous
semblez en effet croire qu’il suffit d’attendre le résultat d’une élection pour savoir qui avait « les compétences et le niveau ». A vous lire, celui qui gagne est compétent, et les
autres incompétents. Je trouve le raisonnement est un peu puéril puisqu’il eût suffi que celui qui a gagné n’ait pas été candidat pour que, par la force des choses, un autre, n’importe lequel
soit élu, ce qui ipso facto, aurait rendu celui-ci, déclaré incompétent par vous, d’une compétence indiscutable pour vous-même. Je me confonds en conjectures.


Vous m’étonnez par votre naïveté en prétendant, mais je présume que vous n’êtes pas sérieux en le disant, avoir « fondé quelques
espoirs en (ma) candidature pour constituer un adversaire coriace contre ce cher Lurel ». Je n’aurais pu représenter une menace électorale directe pour un candidat sortant. Tout au plus ma
présence pouvait gêner, et profiter à des adversaires plus menaçants, car disposant d’une assise électorale mieux établie que la mienne. En somme, il me semble que vous ayez surestimé mon
potentiel électoral.


Mais vous vous reprenez vite par mon « arrogance » qui aurait « fait pschitt ». En somme, je serais devenu
« arrogant » après le résultat du scrutin, mais si je vous ai bien suivi, c’est vous qui m’avez surestimé, et vous encore qui comptiez sur cette arrogance pour contrer « ce cher
Lurel, » lui  que vous devez sans doute considérer comme un modèle d’humilité.


L’arrogance est peut-être plus dans votre tête que chez moi, puisque vous aviez pour moi dans cette élection une ambition plus haute
que je n’étais objectivement en mesure d’avoir moi-même. Peut-être vous dîtes-vous que quelqu’un comme moi, de votre point de vue, doit être forcément arrogant. Peut-être même qu’à ma place, vous
seriez vous-même arrogant,  d’où l’idée, puisque je ne crois pas avoir l’honneur de vous connaître, et que par ailleurs vous n’êtes pas mon biographe
autorisé, que je sois forcément arrogant. Je considère l’arrogance comme un manque d’intelligence, et ma seule preuve d’arrogance est de penser être doté d’une intelligence « non inférieure
à la moyenne ».


Vous me reprochez de ne pas faire d’autocritique. J’ai en effet parlé dans mon article des listes en présence. Cela ne veut pas dire
que je ne sois pas capable de formuler une analyse sur notre propre campagne. Mais vous me permettrez simplement d’avoir tenu à la partager avec mes colistiers d’abord. Cela a été fait hier,
samedi 20 mars 2010.


Vous fustigez mon échec qui n’a pas tant que ça l’air de vous déplaire, qui vous dîtes pourtant mon supporter de la première heure si
je vous crois. Mais vous vous trompez d’emblée. Pour savoir si ma campagne est un échec, encore faut-il connaître les critères d’appréciation, ce qui suppose de connaître les objectifs que nous
nous étions assignés.


A aucun moment, vous ne m’avez entendu dire, ni vu écrire que le peuple guadeloupéen était « stupide ». C’est vous qui le
dites en mettant vos mots dans ma bouche. Je passe mon temps à dire et écrire le contraire, à savoir que tous les gens sont intelligents et se déterminent en fonction de leur intérêt et des
données en leur possession. Peut-être avons-nous des progrès à faire au plan de l’intérêt collectif. D’autre part, vous faîtes fausse route sur toute la ligne. S’agissant de ma
« grandeur », encore un mot que vous n’avez lu nulle part dans ma prose, sauf pour citer Martin Luther King qui disait que « celui qui est le plus grand, c’est celui qui est au
service des autres ». Le peuple n’avait pas, Dieu merci, à se prononcer sur ma personne, mais sur un projet, proposé par une liste, liste que je ne faisais que conduire. Il n’a jamais été
dans le débat que je sois président de Région, mais éventuellement conseiller régional. Si les 41 qui ont été élus me sont tous incontestablement supérieurs, et plus utiles à la Guadeloupe ainsi
qu’aux Guadeloupéens, alors la Guadeloupe a fait le bon choix. Dans le cas contraire, c’est peut-être simplement dommage. Sans plus. Ma présence n’aurait pas changé l’histoire.


Le peuple n’est ni « ignard », ni même ignare de « ne pas avoir vu (ma) culture », ce n’était pas le débat. Nous
n’étions pas à « Questions pour un champion ». A moins que le fait de me prêter vous-même un peu de culture générale vous paraisse, pour un élu de la Guadeloupe en tout cas, constituer
une tare impardonnable. Est-ce que vous m’en voudriez de disposer d’une culture générale que vous me prêtez sans la moindre revendication de ma part.


Que la première et principale qualité d’un président de région soit de « savoir se vendre » est une appréciation que je
respecte, mais que vous me pardonnerez de ne pas partager avec vous. Etre président ne se résume pas à l’élection. L’essentiel, c’est après. Quant à savoir fédérer, tout dépend autour de quoi. Et
s’agissant de « rassembler autour de votre projet », là vous avez parfaitement raison. Faute d’en avoir un, Lurel est en train d’essayer, une fois élu, de fédérer autour de notre
projet. Je découvre dans France Antilles qu’il découvre une « priorité sociale » jamais évoquée dans sa campagne. Va-t-il réinventer notre RSTI ? Comme je l’ai converti au RSA dont
il fut opposant à son extension lors du vote à l’Assemblée ? Il évoque aussi la partition de la Guadeloupe en deux départements, qui serait selon lui, « proposée par des
candidats ». Lesquels ? Combien de candidats s’appelaient Alain Lesueur dans cette campagne et portaient le projet de Guadeloupe demain, avec partition en deux départements,
proposition qui figure dans mon ouvrage « L’assemblée cyclonique », écrit en 2004 et déjà émise auparavant dans des articles de Sept Magazine ?


Cher Monsieur, la Guadeloupe est sans doute condamnée à parler de notre programme durant les quatre années qui viennent. Parce que
passée l’élection où tout le monde s’est fermé les yeux et bouché les oreilles pour ne pas voir et entendre les problèmes, il va maintenant falloir tenter d’y porter des solutions. Tout du moins
faire semblant. Nos propositions sont à la disposition de tous les Guadeloupéens, élus ou électeurs.


Pour le « boycott, réel ou supposé des médias », permettez que je ne compte pas sur votre expertise ni sur votre
objectivité. Vous êtes sans doute l’unique spécimen qui trouve que tout fut normal dans la campagne médiatique. Je préfère avoir l’avis éclairé du Conseil supérieur de l’audiovisuel pour cela. Je
vous remercie car votre autisme est un encouragement à ce que j’invite le CSA à dire ce qu’il en est. Je le saisirai afin de prémunir les candidats aux élections futures contre les mêmes
errements des médias, comme de certains candidats. En attendant, je vous informe que deux procédures disciplinaires ont été engagées contre des journalistes par leur employeur. Comme quoi les
avis peuvent diverger sur les rôle et obligations des médias.


Votre remarque à propos d’Internet n’est pas accessible à ma compréhension. Comment ne pas comprendre qu’une omerta sur un service
public ait des répercussions sur Internet qui  a repris des documents plus qu’il n’en a créés ? Je ne participais d’ailleurs à aucun concours sur
Internet mais à une élection régionale. Mon blog a été assez tôt opérationnel, quand certains ont à peine vécu que quelques jours avant le scrutin. Vous êtes la démonstration même de son utilité
et je ne suis pas certain que vous ayez jugé utile de réagir sur les autres. J’ai entretenu un dialogue avec tous ceux qui m’ont fait l’honneur d’y laisser un commentaire, comme vous. Mais vous
êtes plus précieux que d’autres, car vous faîtes partie du 1% des détracteurs, hélas souvent d’ailleurs en mal d’arguments. Bref, pour Internet comme pour le reste, chacun des candidats était
libre de ses choix stratégiques.


Quant au vote Sainte-Rosien, je doute que vous soyez un expert des us de cette commune, je n’entrerai donc pas dans le détail
d’explications qui nous conduiraient à remonter à Charles Gabriel, et donc à l’avant décentralisation. Mais vous aurez aussi observé que le maire de la commune, comme ceux des autres communes
d’ailleurs, est en dessous de son score de la municipale. Seule votre attention m’est réservée, mais mon sort électoral est très commun.


Quant à votre subtile remarque sur les Gad kokott, il situe enfin le niveau de votre réflexion qui s’épanouit d’autant plus qu’il
descend sous la ceinture. Vous semblez avoir du mal, ne serait-ce qu’à imaginer ce qu’est l’intérêt général et l’engagement politique. Un enseignant ne cesse pas d’instruire, sous prétexte que
c’est un patron qui va « récupérer les fruits ».


Dans votre aveuglement, vous avez vu « un homme qui a peut-être des idées, mais qui ne sait pas les exposer, un homme qui a des
compétences mais qui ne sait les exploiter ». J’ai passé deux concours où j’ai eu à exposer mes idées. Je vous fais grâce des appréciations flatteuses. Dans l’absolu, je sais exposer mes
idées. Je sais même que vous savez que je sais exposer mes idées. Mais je vous rappelle qu’il ne s’agissait pas d’un concours, mais d’une élection. Quant aux compétences, pour les exploiter,
encore faut-il être en situation. En campagne électorale, les compétences dont il faut faire preuve, si toutefois c’est le cas, sont plutôt spécifiques. Disons qu’en effet, c’est un domaine où il
faut souvent faire preuve d’aptitude à l’escroquerie intellectuelle, ce qui n’est pas mon fort, et où je ne déploie pas des efforts inconsidérés. Quant à l’observation sur la rédaction de
discours, elle me rappelle furieusement celle d’un con… disciple des maîtres de la contre démocratie. Deux réponses. Je fais d’abord la même qu’à votre prédécesseur qui m’a reproché d’avoir été
le collaborateur d’un instituteur. Signalons qu il s’agissait d’un fieffé imbécile, mais qu’il enseigne au lycée. Il croit donc être en mesure de considérer les instituteurs comme des kaka
chyen. Ma réponse donc. Même un illettré, dès lors qu’il est élu a vocation à diriger des agents du service public, des hauts fonctionnaires, énarques compris. La seconde réponse est que celui
qui rédige les discours de Sarkozy est souvent placé, dans l’ordre du protocole sarkozien, avant la majorité des ministres, « assis à la droite du père ». Il faut donc réviser vos
classiques et vous renseigner avant d’éructer.


Vous terminez heureusement, ou malheureusement pour vous, votre commentaire en disant le contraire de tout ce que vous avez voulu
démontrer avant. Vous dites : « Etre énarque c’est bien et vous pouvez en être fier mais ça ne donne aucun droit à gérer une collectivité territoriale ». En effet, nulle
qualification professionnelle ne donne vocation à remplir une fonction élective. Mais même là vous avez tout faux. Etre énarque donne vocation non seulement à diriger des collectivités
territoriales, mais surtout les plus importantes. Sinon expliquez-moi pourquoi il y a un énarque, quoique métropolitain, à la direction générale de la région Guadeloupe. Expliquez-moi pourquoi
Christian Dijoux, mon condisciple réunionnais à l’ENA est directeur général des services du Département de la Réunion, avec ses 800 000 habitants ? Peut-être parce qu’en Guadeloupe il y a
trop de gens qui raisonnent à l’envers comme vous ? Mais il y a sans doute d’abord mille autres raisons qui tiennent à ma personne et à mes défauts rédhibitoires, et vous en avez fait une
trop belle liste pour que j’en rajoute.


Quant à « me décevoir » en disant que je ne suis pas le seul Noir à occuper un poste de responsabilité, j’ai de plus en plus
de mal à vous suivre et à imaginer où vous puisez vos  informations sur ce que je suis censé penser. Actuellement, par exemple, je n’occupe aucun
poste, ni de responsabilité, ni sans responsabilité. Quant à « mon ami Domota », vous m’en bouchez un coin, comme on dit. Je n’ai rencontré ce dernier qu’une seule fois et nous avons
échangé des civilités. Sinon, je le connais par média interposé, dans son rôle de composition durant le conflit social. Je n’ai rien publié, ni dit, qui fasse de moi, ni l’ami, ni l’ennemi, ni
l’adversaire de Monsieur Domota. Il remplit sa fonction de responsable syndical. Je remplis ma fonction de simple citoyen et de conseiller municipal. Les vaches sont bien gardées. En revanche,
vous serez étonné, ou pas surpris du tout, des similitudes entre votre commentaire et les invectives qui figurent sur le site de l’UGTG depuis la publication de mes articles à propos du mouvement
social. Lisez également la prose de Mot phrasé et vous pourrez noter jusqu’à la similitude de vocabulaire entre vous et le rédacteur de certains articles qui ne brillent pas par leur
intelligence. Sachez enfin que vous connaissez vraiment trop peu, de l’ENA, de la réalité sociale et culturelle de la France. Vous affirmez qu’entrer à l’ENA fut un exploit de mon
temps, plus qu' aujourd’hui. C’est exactement l’inverse. Combien de Guadeloupéens sont sortis de l’ENA chaque année, après moi ? Vous affirmez des choses sans rien en connaître,
simplement parce que cela arrange vos fausses démonstrations. Il est de plus en plus difficile pour quelqu’un comme moi, issu d’un milieu non favorisé, d’accéder aux Grande écoles qui forment
l’élite de la France. Ce que j’ai pu réaliser, qui contrairement à ce que vous croyez, n’a rien d’un exploit, mais n’est que le fruit de la volonté et du travail, hélas, se complexifie pour les
générations qui viennent. Plus ça va, plus en effet cela relève de l’exploit. D’ailleurs, il est étonnant que vous ignoriez un constat que même Sarkozy, qui n’est pas le champion des
progressistes, a fait et qui l’a conduit à préconiser des quotas de boursiers dans les Grandes écoles. Lorsque l’on ne sait pas, il vaut mieux demander. On évite d’affirmer. On évite encore plus
de jeter des affirmations fausses au visage des gens que l’on veut salir, juste pour le « fun ». Parce qu’on n’a rien de mieux à faire que de s’en prendre à ceux qui prônent une
certaine idée de l’excellence guadeloupéenne et de glorifier la médiocrité guadeloupéenne. Il faut de tout pour faire un monde, sans doute. Cela n’oblige pas à préférer systématiquement le
pire.


Quant à votre petite pensée finale, elle prouve simplement que vous faîtes partie des gens qui croient que citer un proverbe peut
tenir lieu de pensée propre. A fortiori, citer un proverbe créole, pour certains, c’est atteindre le degré suprême des sciences, des arts et des lettres. Le seul ennui, c’est que quelque soit la
langue, on trouve toujours des proverbes pour dire tout et son contraire.


Votre citation, hélas, prouve aussi que vous n’avez jamais ouvert un dictionnaire pour lire la définition du mot
« intelligence ». Pas rancunier, je le fais pour vous. Selon le Petit Robert, étymologiquement, le mot vient du latin  legere qui
signifie « recueillir par les sens (oreilles, yeux) ». L’intelligence, c’est la « faculté de connaître, de comprendre ». Et les premières illustrations sont
« pouvoirs et limites de l’intelligence. Développement de l’intelligence ». Et plus loin, « cultiver, faire travailler son intelligence ». Un autre sens plus loin
« Aptitude d’un être vivant à s’adapter à des situations nouvelles, à découvrir des solutions aux difficultés qu’il rencontre. Si je voulais vous charrier, je dirais, contrairement à ce que
vous semblez penser, en reprenant à votre compte cette citation inepte, que rien n’est perdu, que vous pouvez devenir intelligent, même si votre texte n’en montre pas beaucoup. Mais il y a plus
grave dans cette citation et qui ne mérite pas une réponse plaisante. Votre citation a un caractère hitlérien qui n’aurait pas dû échapper à un esprit en alerte comme le vôtre l’est à propos de
mes écrits. Vous faîtes l’apologie de l’inné. Mais vous allez plus loin, en niant la possibilité d’un intérêt à l’acquis. Selon la théorie sous tendue par votre citation, il n’y a d’intelligence
qu’innée. Ne seraient intelligents que les gens nés intelligents. Les autres n’auraient aucune chance d’y accéder. C’est le fondement de l’eugénisme qui conduit à ne garder que les être parfaits,
ici intelligents, et à pouvoir supprimer les autres, pas intelligents et donc destinés à devenir des charges pour la société.


Pendant que j’y suis, je vous donne également la définition de l’arrogance : « Insolence méprisante ou agressive. »
Comparez dans mon article et dans votre commentaires, les doses respectives de paille dans mon œil et de poutre dans chacun de vos deux yeux.


Ne vous en déplaise, je suis né dans au milieu et de parents modestes, qui ne sont pas eux-mêmes allés à l’école, mais qui n’étaient
pas assez idiots pour reprendre à leur compte les proverbes créoles qui nous enchaînent, de notre propre volonté ou par absence de volonté, à une situation de sous êtres… à nos propres yeux, avec
en plus la satisfaction béate de l’idiot du village… planétaire.


Enfin, il y a une chose qui m’insupporte, c’est la perversion de certains individus qui veulent croire que l’insulte fait partie de
« leurs droits de l’homme et du citoyen » et que par conséquent, celui qui s’engage à se mettre au service de la cité doit être lapidé par des crachats en place publique par une
opinion, irresponsable juridiquement et politiquement, même quand elle est à des années lumières de toute intelligence critique.


PS : Je vous prie de m'excuser pour le retard mais j'avais rédigé une première réponse qui s'est perdue dans les méandres d'Internet,
a disparu et n'est pas parue sur le blog.

2e PS: J'espérais, au bout de quelques jours, avoir une réaction, dans la mesure où au delà du ton, les questions abordées peuvent faire l'objet d'un dialogue constructif... A bientôt peut-être.