La Convention

Publié le par Alain Lesueur

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Durant la Révolution française, il y eut la période dite de la Convention. Elle se caractérisa notamment par le zèle à couper les têtes. C’est l’ère de la Terreur. L’histoire serait-elle ne train de se répéter sous notre soleil ?

J’ai décidé de saisir le CSA. En effet, je tiens à lui soumettre une de nos innovations. Plusieurs collectivités ont pris le pli de signer une convention avec des médias, en particulier des chaînes de télévision. La fonction de ces conventions est de permettre la diffusion de l’information de service public. C’est ainsi que cela permet à Canal 10 de diffuser des conseils municipaux. Le problème, c’est que ces conventions sont détournées par les maires à leur usage personnel. Ainsi, lorsqu’un conseil municipal est filmé, mais que le maire n’y apparaît pas à son avantage, il interdit au média de diffuser l’enregistrement. On peut le comprendre à la rigueur. Le problème surgit quand la chaîne, sous prétexte d’avoir égaré l’enregistrement, refuse d’en vendre une copie. On imagine que ce n’est pas de gaité de cœur que la chaîne refuse de l’argent. La copie est quand même vendue 60 euros, alors que l’enregistrement est déjà payé avec l’argent du contribuable acheteur. Le problème s’aggrave en période électorale. J’ai fait un courte apparition dans un journal de Canal 10 à la rentrée 2009. J’y ai parlé du Président du Conseil général, dans des termes anodins, mais qui ont déplu à son entourage. Quelques minutes après la diffusion, un collaborateur de Gillot appelait pour proférer des menaces vis-à-vis de la personne responsable du reportage. Va-t-on rétablir la guillotine à journalistes ?

L’unité de compte de ces conventions est la centaine de milliers d’euros. On se souvient en effet d’une convention de 300 000 € signé par un ex directeur de cabinet du Département et qui avait défrayé la chronique. En période électorale, ces conventions se transforment en arme de pression sur les dits médias à l’encontre des autres candidats, dont certains se voient interdits d’antenne. Ces conventions ne seraient-elles pas l’explication de la fermeture des portes des médias qui s’est opérée à l’égard de ma candidature ?

J’ai donc décidé de saisir le CSA en lui faisant valoir qu’outre une atteinte intolérable au pluralisme et à l’équité, c’est une circonstance aggravante que des fonds publics soient détournés par les exécutifs, à leur profit personnel, ou au profit d’un candidat de leur choix, au prix d’une action illégale. L’application de ces conventions en période électorale ne devrait-elle pas faire l’objet de garde-fous réglementaires ? La question sera posée au CSA.

Publié dans Au jour le jour

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dj 04/02/2010 11:40


Celà devient grotesque à rfo télé l autre lundi Rayapin et Danican se permettent de nous parler de listes de poids et de petites liste ...pour qui se prennent ils ???