L’indépendance, en Haïti et ailleurs

Publié le par Alain Lesueur

Les guerres de libération finissent en général par l’indépendance nationale. Haïti elle, vit son histoire à l’envers. En 1804, Haïti a proclamé son indépendance. Depuis, Haïti a vécu deux siècles… de guerre d’indépendance.

 

La présence américaine en Haïti est ambivalente. Les sauveteurs d’aujourd’hui, sont les mêmes qui hier, pratiquèrent l’ingérence, dans l’épisode Aristide, mais aussi l’invasion militaire avant hier. Obama sait donc qu’il marche sur des œufs. D’autant qu’il s’agit au plus vite, même si les Américains se défendent, d’assumer cette mission qui relève de l’ONU, à savoir ramener un ordre public que le séisme a achevé de mettre à terre. Or, ramener l’ordre en Haïti exigera sans doute le recours aux armes. Port-au-Prince, c’est déjà un paysage de guerre. On est donc pas loin d’un pays en guerre. Eta utant aucun Gouvernement ne va jaillir spontanément pour organiser le pays, autant on peut être certain, que quelque soit le nombre des victimes parmi les chefs de gang, la relève sera très vite assurée.

La présence américaine illustre aussi, par comparaison, le caractère illusoire de la notion d’indépendance nationale, en particulier pour les Etats microscopiques, que leur nanisme soit lié à leur superficie ou à leur pauvreté. A fortiori lorsque les deux handicaps se cumulent. Le président Préval n’ose pas parler à son peuple. Que pourrait-il bien lui dire ? Tout discours ne serait-il pas un nouvel oraison funèbre de l’Etat haïtien indépendant, attendu depuis 1804 ? Cette situation nous intéresse, nous qui ne cessons de nous torturer sur les moyens d’assumer plus de responsabilité, avec une sécurité suffisante. Nul doute que la profondeur de la tragédie des enfants du Roi Christophe risque de nous inciter à abdiquer devant toute prise de responsabilité, au bénéfice de la plus grande sécurité possible. Mais entre liberté et sécurité, faut-il totalement sacrifier l’un à l’autre. Le meilleur chemin est probablement dans uncompromis acceptable.

Saint-Martin et Saint-Barthélemy sont aussi fondés à s’interroger. Comme toutes les petites îles de la Caraïbe. Qu’est-ce que l’autonomie d’îles sans ressources, exposées aux cyclones et à un fort risque sismique ? Avant Haïti, ce fut le tsunami. Aujourd'hui, à moins de 50 000 morts, il n’est plus certain de retenir l’attention de la communauté internationale. Or, 500 morts à Antigua et Barbuda, c’est l’équivalent de 50 000 en Haïti. Pourtant, 500 morts à Antigua ne retiendront pas l’attention des téléspectateurs du monde pendant plus de 48 heures. A foriori sans morts. Un séisme à Saint-Barth, avec le même taux de destruction  matérielle qu’à Port au Prince, même sans victime, ferait vite descendre la population à 1000 habitants, après l’exode qui suivrait le départ définitif des étrangers, propriétaires de villa de luxe, et la disparation pour longtemps d’une économie touristique prospère.

Publié dans Au jour le jour

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dolto 23/01/2010 14:14


Investir? Dans quel but?

Par un indépendantiste : 22.01.2010 l 13h18





Le problème , c'est que les investissements ne sont pas mis dans le secteurs de la PRODUCTION! C'est pourquoi j'ai qu'il nous faut privilégier les secteurs primaires et secondaires sans pour autant
oublier le tertiaire. Mais certains n'ont aucun intérêt à voir la Guadeloupe produire puisque cela lui permettra ensuite de voler de ses propres ailes!
Pour ce qui concerne Haïti, c'est la même chose! On ne vas pas investir pour qu'Haïti puisse décoller économiquement, on va investir comme on le fait en Afrique pour pouvoir piller les ressources
du pays!


réponse 1 :
La logique économique des indépendantistes

22.01.2010 l 20h34





Il semble difficile à Shaka et ses amis de comprendre que l'investissement est la base de l'économie. Sans investissement, il n'y a pas d'emploi.

Ce n'est pas lorsque l'on va développer les secteurs primaires et secondaires en Guadeloupe qu'elle pourra voler de ses propres ailes. Il n'y a pas de complot visant à laisser la Guadeloupe en état
de dépendance.

Le fait est qu'un investissement doit être rentable, et que le secteur agricole est l'un des moins rentable en Guadeloupe (carrément déficitaire), tandis que le secteur industriel qui requiert de
lourds investissements tourne surtout autour de la construction, et très peu autour de la transformation agro-alimentaire. Les autres secteurs industriels sont absent ou quasiment absent pour des
raisons évidentes de rentabilité. C'est du principalement au coût du travail élevé et à l'insularité (importer les matières premières et exporter les biens produits a un coût).

La stratégie des indépendantistes qui consiste à croire que la Guadeloupe doit produire dans les secteurs primaire et secondaire pour être indépendante est donc voué à l'échec. Ce qu'il prennent
pour un complot est tout simplement le bon sens des investisseurs.

Les autres iles de la Caraïbe ont toutes compris que leur meilleure source de revenu était le tourisme. Mais ça a du mal à rentrer dans la tête des indépendantistes qui se croient plus malins.

La logique des indépendantistes est ... inexistante justement. Le LKP et sa bande d'incapables ont tout fait pour détruire l'économie de ce pays, faisant fuir les touristes et les investisseurs, et
donc, en détruisant l'emploi. Et ensuite, ils veulent nous expliquer là où il faut investir. C'est très drôle, mais ceux qui ont l'argent ne sont ni fous, ni stupides.

réponse 2 :
l'investisseur n'est pas un philanthrope mais un détenteur de capitaux qui mise pour faire fructifier son argent.
c'est pour cela que l'absence de contexte stable et sécurisant décourage l'investissement et ce dans tous les pays du monde.
En guadeloupe ,beaucoup de détenteurs de capitaux n'investissent plus et ne créent pas de richesse encore moins d'emplois.
c'est en cela que le mouvement social lkp est contre productif et se retourne in finé contre les travailleurs et les chomeurs de ce pays.
les détenteurs de capitaux investissent uniquement dans un cadre sécurisé et stable plitiquement et socialement.
Par ailleurs les capitalistes gros et petits ne risquent leur argent que si il y a retour sur investissement . le raisonnement des nationalistes ( priorité a la production ) ne tient pas si l'on
considére qu'en guadeloupe il existe des locaux pur souche qui sont de gros détenteurs de capitaux et qui pour autant n'investissent ni dans le secteur primaire voire secondaire car le risque est
trop élevé , et c'est pourquoi seul l'etat francais et la region avec les fonds européens injectent des fonds dans ces 2 secteurs .

De nos jours, il ressort de plusieurs études que l’incitation à l’investissement est tributaire de variables autres que la fiscalité. Au titre de ces variables on peut citer :

- la stabilité politique et sociale;

- la bonne gouvernance ;

- la fiabilité du système bancaire ;

- la fiabilité du système judiciaire ;

- le marché de la main d’œuvre ;

- la fiabilité de la législation sociale ;

- l’existence d’infrastructures….
Les pays africains et du tiers monde comme haiti et même certaines institutions internationales (FMI, Banque Mondiale)1 sont unanimes à
reconnaître que les régimes d’incitation fiscale n’ont pas atteint les résultats attendus en raison de la prévarication des dirigeants et surtout de l'instabilité politique,sociale, et économiquel
.


dolto 22/01/2010 15:02


Seul l'investissement peut relancer la croissance en guadeloupe.
L'économie ne pourra pas compter durablement sur la consommation pour tirer l'activité.
Cette évolution contradictoire symbolise bien la problématique de la reprise en guadeloupe largement affecté par la crise LKP ( voir l'étude de l'iedom ) : une consommation qui va rester
contrainte, et une dynamique de réaccélération qui sera largement déterminée par les investissements et les exportations. Côté consommation, pas de fort rebond à attendre. Certes, la saison des
fêtes n'a pas été trop mauvaise. Les ventes de Noël ont progressé de 0,6% sur un an.
Mais les prochains mois seront sans aucun doute moins porteurs, avec un chômage qui a franchi la barre des 30% pour la première fois depuis 1993, une progression des revenus très faible, un crédit
toujours distribué au compte goutte et la nécessité de toute façon pour les ménages de réduire leur endettement. C'est vrai que l'hémorragie continue sur le front de l'emploi (les nouvelles
inscriptions au chômage sont tombées au plus bas depuis septembre 2008 lors de la semaine close le 19 décembre), mais les entreprises sont encore plus nombreuses à déclarer vouloir dégraisser
qu'embaucher. Certains experts tablent même sur une baisse de la consommation en début d'année et ce en raison du nouveau conportement du consommateur guadeloupéen qui préfére épargner plutot que
consommer.
La part de l'investissement privé et publique dans le PIB à son plus bas niveau
Reste l'investissement. C'est la variable sur laquelle pèse le plus d'incertitudes. D'un côté, le manque de confiance résultant de la crise LKP ne plaide pas pour un redémarrage des programmes
d'investissement privés. Mais d'un autre côté, un examen plus approfondi de la dynamique du stock de capital illustre la nécessité pour les entreprises de renouveler leurs équipements. La récession
s'est accompagnée de la plus forte contraction de l'après-crise de l'investissement en biens d'équipement et matériel informatique (-21% au cours des 6 deniers trimestres). A prix courants, la part
de l'investissement privé dans le PIB est ainsi tombée à son plus bas niveau depuis 1993 (0,3% au 3ème trimestre 2009).
Or contrairement à ce qui s'était produit lors du pic de la crise sociale en 2008, la chute de l'investissement ne peut s'expliquer par une phase antérieure de surinvestissement. En creux, ceci
signifie que les investissements de remplacement n'ont pas été effectués durant la récession. Il est donc fort probable que le stock de capital soit tombé nettement en deçà du niveau désiré par les
entreprises.


Alain Lesueur 23/01/2010 14:25


Parfaitement d'accord. En somme, nous sommes dans la ... et pas forcément pour quelques jours. Les apprentis sorciers ne comprennent pas, ne veulent pas comprendre, où font semblant de ne pas
comprendre qu'on n'arrête pas l'économie comme on arrête le moteur d'une voiture, pensant qu'il suffirait de remettre le contact pour que ça fasse: kioook voum.