Haïti encore une fois frappée mortellement

Publié le par Alain Lesueur

Une fois encore, nos voisins Haïtiens sont frappés dans leur chair. La douleur de ceux qui sont hors de leur île natale est accrue par l'inquiétude de ne pouvoir obtenir de nouvelles de leurs parents et amis. Heureusement, l'émotion a entraîné un mouvement puissant de solidarité internationale, nationale et chez nous. On sent que chacun se sent concerné par cette douleur collective et cette succession insupportable de malheurs. Cet élan de solidarité individuelle est bien relayée par nos élus et responsables de collectivités. Le Département et la Région ont annoncé une aide de 300 000 euros. Hors temps de crise, ces deux collectivités auraient sans doute pu faire mieux. Toutefois, on peut sans doute abonder cette somme prélevée sur les crédits destinés aux Guadeloupéens, parfois pas si bien lotis, par l'adjonction des indemnités des 32 maires, des 300 adjoints et délégués, des 80 conseillers généraux et régionaux, des parlementaires, des présidents et vice présidents de communauté de communes, d'agglomération et autres syndicats, etc. On ne devrait pas être très loin du million d'euro pour un seul mois d'indemnité. Rappelons qu'hormis pour les parlementaires, une indemnité n'est pas un salaire et que les élus ne seraient donc pas privés de leurs resources. Que les deux présidents du conseil régional et du conseil général reprennent la proposition et la transmettent aux collectivités et autres destinataires en faisant appel au volontariat.
Après, il nous restera à nous rappeler qu'il y a des ressortissants haïtiens en Guadeloupe, que beaucoup sont dans le dénuement lié à l'absence de papiers. Pourtant, ils trouvent le moyen de partager le peu qu'ils gagnent ici, même clandestinement, pour aider ceux qui sont là bas. Une forme d'aide à Haïti consiste à laisser ceux qui sont en Guadeloupe travailler afin qu'eux aussi soient en mesure de participer à aider leurs frères. Et si nous voulons être solidaires jusqu'au bout, demandons au Gouvernement une opération exceptionnelle de régularisation, même pour une durée limitée. De toute façon, allons-nous tolérer que le Gouvernement français continue à expulser des Haïtiens vers Haïti? Aidons nos cousins Haïtiens à aider leurs compatriotes survivants.

Publié dans Au jour le jour

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