Enfants d'Haïti

Publié le par Alain Lesueur

L'enfer peut-être pavé de bonnes intentions dit-on. Et c'est vrai qu'il ne suffit pas de vouloir donner dans la générosité, si c'est pour en même temps donner dans dans la précipitation. Et agir avant d'avoir réfléchi, ni s'être renseigné.
Les initiatives foisonnent en ce moment de la part de collectivités, pourtant assez autistes jusque là, face à la misère made in Guadeloupe. Nos élus se referaient-ils une réputation d'altruisme sur le dos des pauvres victimes haïtiennes? L'insistance à préciser que c'est tel élu qui a pris telle initiative est pour le moins suspecte. Pour déposer des dons au local d'une association, on a juste besoin de l'adresse. Il n'est pas indispensable de faire savoir à toute la Guadeloupe que c'est le maire, Monsieur ou Madame Untel, qui fait passer le communiqué, payé par le contribuable. Parmi les initiatives louables, la ville de Basse-Terre a souhaité recueillir des enfants en provenance d'Haïti, précisant que des Basse-Terriens sollicités, étaient prêts à les accueillir. Visiblement, personne dans le conseil municipal, au cours des vingt dernières années, n'a discuté de leur situation avec quelques Haïtiens. Sans avoir fait le moindre sondage, je suis persuadé que si on totalise le nombre d'enfants actuellement en Haïti et dont l'un des parents est en Guadeloupe depuis des années, on obtient plusieurs milliers, voire dizaines de milliers. Pas besoin donc de se compliquer la vie en allant chercher des familles d'accueil pour les enfants dont les parents sont encore en Haïti, si dans le même temps, on laisse là bas, des enfants dont le père ou la mère, ou les deux parents sont en Guadeloupe.

Publié dans Au jour le jour

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