Adresse au monde de l’entreprise

Publié le par Alain Lesueur

Entreprise.jpgLa Guadeloupe traverse une crise économique et sociale profonde. Hélas, rien ne dit que nous ayons atteint le creux de la vague, que la reprise soit imminente.
Notre analyse est que l’une des causes de la crise locale, qui a amplifié les effets de la crise internationale, c’est une grave erreur stratégique de la Région.
Pour régler des comptes politiciens avec l’équipe précédente, Lurel a décidé un blocage temporaire, mais volontaire dans l’exécution de la commande régionale, provoquant un ralentissement général de l’activité économique. Il a découvert ensuite que la relance est moins aisée que de poser le pied sur le frein. Pour se distinguer de son prédécesseur, il a refusé d’emprunter, quitte à ne pas investir. Sans le savoir à l’époque, il ouvrait les portes de la Guadeloupe, port, aéroport, à la crise. Par sa faute personnelle, nous y sommes encore profondément plongés.
Et que propose-t-il ? Officiellement, la continuité… dans la crise. Pourtant, il fait voter un budget contraire à sa politique pendant six ans. Député à Paris, il n’a pas le temps de s’occuper de la Région.
Aujourd’hui, la Guadeloupe a besoin d’une vraie politique de rupture avec cet immobilisme. Il faut des investissements publics massifs, quitte à recourir à l’emprunt, à due proportion des projets déterminants pour l’avenir du pays.
Il faut un nouveau système de transport, sans quoi Jarry et les autres centres névralgiques, port, aéroport, seront asphyxiés, car les salariés ne pourront s’y rendre, à échéance de 15 ans, avec l’essence qui sera sans doute à 3 € le litre.
Il faut traiter nos déchets et nos eaux usées, car il s’agit d’activités industrielles productrices d’emplois et une nécessité pour le développement, afin que le pays reste « vivable » pour ses habitants, accueillante pour sa clientèle touristique. Il faut sécuriser la production d’eau, dont l’industrie est grosse consommatrice.
Comme à La Réunion, les grands chantiers donneront l’impulsion nécessaire, afin que le privé prenne le relais pour une vraie sortie de crise.
Enfin, pour entreprendre en toute sécurité juridique, nous voulons un moratoire de 10 ans sur la question institutionnelle. Pas de consultation avant 2020.

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